CELEBRITES DECIZOISES :

Hector Hanoteau et l'Ecole de Briet.

 

            Frère du général Louis-Joseph-Adolphe Hanoteau, Charles-Auguste-Octave-Hector Hanoteau est né à Decize le 25 mai 1823. Son goût pour la peinture s'affirme assez tôt. En 1841, il est admis à l'atelier de Renou, peintre du roi. Il étudie à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris, puis dans l'atelier de Jean Gigoux.

 

            Hector Hanoteau expose un paysage de la forêt de Compiègne au Salon de 1847. Par la suite, il exposera régulièrement des oeuvres aux Salons annuels. En 1849, il concourt au Prix de Rome avec Milon de Crotone délivré par les loups. Un voyage en Algérie, où son frère est en garnison, lui permet en 1853 d'élargir son inspiration ; justement l'exotisme africain est à la mode ; Hector Hanoteau présente à l'Exposition Universelle de 1855 un Campement arabe sous les murs de Laghouat.

            En 1860, le peintre se marie. Il épouse Caroline Mouzat, qui décède l'année suivante. Peu après, Hector Hanoteau s'établit à Briet, un hameau situé près de Cercy-la-Tour. Autour de lui se réunissent de jeunes peintres paysagistes. Ce groupe, auquel appartiennent Louis Marandat, Louis Marion, Gustave Comoy, Paul Martin des Amoignes et Marcel Hanoteau (le fils du peintre), prend le nom d'Ecole de Briet. Louis-Mathieu Poussereau fréquente ces artistes.

            Médaille d'or de la première exposition d'art de Nevers en 1863, Hector Hanoteau en est nommé président d'honneur en 1872.

            En 1870, Hector Hanoteau devient maire de Cercy-la-Tour et conseiller général du canton de Fours. Il meurt le 7 mars 1890 [1].

 

 

Les nénuphars, huile sur bois, 1885.

 

            Hector Hanoteau est devenu assez vite une valeur sûre de la peinture régionaliste. La presse départementale cite les tableaux qu'il propose chaque année au Salon de Paris. En 1873, douze toiles, dont les titres évoquent tous la campagne : La Basse-Cour, Le Hangar, Un Coin  de basse-cour, La Maison des bois, Le Lavoir, Le Bois coupé, Rentrée à la ferme, etc... Voici la présentation par le critique du Journal de la Nièvre de deux oeuvres du peintre exposées en 1876 : "L'Eau qui rit de M. Hanoteau est une oeuvre magistrale, digne du tableau Les Grenouilles, qui figurait au Salon de 1875 et qui est maintenant placé au Musée du Luxembourg au milieu des peintures les plus parfaites de l'art contemporain. C'est une scène intime de la nature, loin du bruit et des hommes.

            Au premier plan, un fin gravier sur lequel s'étale l'eau limpide d'un petit ruisseau qui accourt, se précipite, après avoir franchi en riant les obstacles du chemin. Des massifs de ronces et autres plantes sauvages entretiennent la fraîcheur de ses eaux et protègent ce petit coin mystérieux où chardonnerets, rouges-gorges et autres oiseaux de la forêt viennent prendre leurs ébats et se désaltérer. Comme on le voit, le motif est peu compliqué, et l'artiste n'a pu compter sur de grands effets de contraste. Aussi le charme réside-t-il dans la perfection du travail, dans la sûreté de la main et surtout dans la sincérité du peintre qui, sachant bien voir la nature qu'il anime, n'a rien demandé à ses souvenirs, et a peint tout son tableau en présence du modèle.

            Comme morceau achevé, il faut louer surtout l'amoncellement de ronces et d'épines du premier plan. Dans ce genre de représentation, M. Hanoteau excelle, et il n'y a dans notre école française aucun paysagiste qui puisse rivaliser avec lui sous ce rapport.

            Un tableautin, Les Biquets, complète cet envoi. Notre compatriote s'est plu à montrer la nature à ce moment indécis qui sépare le printemps de l'hiver. Les fleurs couvrent les arbres fruitiers, les premières feuilles se montrent, mais l'air vif et la lumière pâle du soleil nous rappellent que l'hiver n'est pas encore bien loin. Cette impression a été bien rendue dans cette petite toile, gaie et lumineuse [2]."

            Dix ans plus tard, au Concours Régional de Bourges, Hector Hanoteau expose La Haie mitoyenne. Autour de lui, deux de ses élèves présentent des oeuvres. Son fils, Marcel-Adolphe Hanoteau, expose L'Etang de Briet et La Maison du Jardinier. Et Paul Bon, un autre Decizois, a accroché deux aquarelles représentant La Verrerie de Saint-Léger et Sentier dans la forêt de Travinh (Cochinchine) [3].

            Le musée de Nevers et celui de Varzy possèdent plusieurs productions díHector Hanoteau.

 

Bibliographie :

- Maurice BARDIN, Dictionnaire des peintres, sculpteurs et graveurs nivernais du XVe au XXe siècle, Nevers, 2002.

- Pierre VOLUT, Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, Decize, 1999, chapitre III,5.

 

Illustrations : Les nénuphars (Bardin) et tableaux mairie de Decize.

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[1]    Cf. Louis Jolivet, Les Artistes nivernais, in Mémoires de la Société Académique du Nivernais, tome XI, pp. 73-76.

[2]    Le Journal de la Nièvre, vendredi 16 juin 1876, Les Artistes nivernais au Salon de 1876..

[3]   Le Journal de la Nièvre, 19 mai 1886.