CHRONOLOGIE DECIZOISE XIXe siècle :

 

LA VIE MUNICIPALE

Les maires et adjoints de Decize, entre le début et la fin du siècle.

 

* De l'an IX au 19 brumaire an X :

- Antoine Donjan, ancien magistrat. Il est né à Moulins-sur-Allier en 1759 ; il a épousé Marie-Anne Grenot. Antoine Donjan avait été maire de l'éphémère commune de Saint-Maurice au début de la Révolution. Il est décédé le 18 septembre 1837 dans son domicile de la rue Sainte-Claire.

* En frimaire an X :

- Intérim de Claude Robinot, ancien avocat et juge. Né le 28 septembre 1738, fils de Léonard Robinot l'Aîné, Claude Robinot était l'oncle maternel du conventionnel Saint-Just. Resté célibataire, il est mort le 14 janvier 1823 en sa maison de la rue du Quartaraux (ou Cartarot), à l'âge de 84 ans.

* De nivose an X à février 1808 :

- Jean-Michel-Pierre Trochereau, propriétaire à Beaulon (Allier).

* De février 1808 à mai 1815 :

- Guillaume Blondat de Levanges, né à Decize en 1753, fils de François Blondat et d'Hélène-Madelaine Bruizard. Héritier du domaine de Levanges, il a accolé ce nom à son patronyme, une tradition dans la famille Blondat (Blondat-Plumet, Blondat-Modérat, Blondat-Libault...) Guillaume Blondat est mort en sa maison de la rue du Cygne (ou Hôtel Blondat) le 28 janvier 1821.

 

* Intérim du 23 mai au 14 août 1815 (les Cent-Jours) :

- Jean-Louis Terreux, médecin, né en 1760, fils du chirurgien Jean-Baptiste Terreux et de Marguerite Marchand. Il a épousé Magdeleine Bidault. Il est mort le 17 juillet 1835 à Decize.

 

* Du 15 août 1815 au 14 août 1817 :

- Pierre-Joseph Rouvin, médecin.

* A partir de 1817 :

- Etienne-Anne-Henry Decray, notaire. Fils du juge Guillaume Decray, il est né le 29 décembre 1784, et mort le 5 janvier 1866.

 * De 1834 (?) au 9 octobre 1840 :

- maire Jean-Marie Comoy, pharmacien. Il est né à Saint-Lupicin (Jura) le 13 avril 1776 ; il a épousé Jeanne-Adélaïde Blondat ; il est mort le 11 octobre 1844 dans sa maison du n°8 de la rue du Prieuré (à Saint-Privé).

- 1er adjoint Just Bouchot-Plainchant, (né le 26 décembre 1793, mort le 30 août 1860, propriétaire à Saint-Maurice).

- 2e adjoint Hugues-Hippolyte Donjan, notaire, né en 1794, fils d'Antoine Donjan.

* Du 9 octobre 1840 au 11 janvier 1845 :

- maire Hugues-Hippolyte Donjan.

- 1er adjoint Alexis Charpin, notaire. Il est né le 15 mars 1795 à Cercy-la-Tour ; c'était le neveu du dernier curé de Saint-Privé. Il est mort à Decize, au domaine des Simons, le 12 mai 1854 ; il avait épousé Françoise Guérin.

- 2e adjoint Just Bouchot-Plainchant.

* Du 11 janvier 1845 au 17 mai 1854 :

- maire François-Pierre Tresvaux de Berteux, receveur de la navigation et des contributions indirectes. Il est né le 14 mai 1787 à Rennes et mort à Champvert le 31 janvier 1862.

- 1er adjoint Alexis Charpin.

-          2e adjoint Just Bouchot-Plainchant et à partir du 25 juin 1845 Jean-Baptiste Roy, médecin.

* Du 17 mai 1854 au 14 août 1859 :

- maire Philippe-Antoine Gros, médecin (né le 9 avril 1803, mort le 12 juillet 1859).

- 1er adjoint Edmond Arbelat, géomètre (né le 26 octobre 1812, mort le 13 janvier 1874 à Saint-Sébastien, Espagne. La transcription de son acte de décès le nomme Edmond-Auguste Arbelat dit Grenouillat, géomètre).

- 2e adjoint Simon-Joseph Perreault, notaire (né le 2 décembre 1813).

* Du 14 août 1859 au 23 septembre 1870 :

- maire Jean-Charles Decray, notaire (fils d'Etienne-Anne-Henry Decray, né en 1815, mort à Paris le 20 avril 1889.

- 1er adjoint Jean-Baptiste Dezautière, médecin attaché aux mines de La Machine (né le 31 mars 1808, mort le 25 novembre 1888).

-          2e adjoint Jean-Louis Mielle,entrepreneur et patron du Café de Paris (mort le 13 février 1885).

* Du 23 septembre 1870 au 4 février 1871 :

-          municipalité provisoire présidée par Jean-Baptiste Tissier-Moissonnier, épicier, adjoints : Jean Taillère, instituteur, né le 6 mars 1813, et Etienne Rochard, marchand de laines, né le 13 février 1829.

 

Mairie et Place du Marché.

 

* 10 mai 1871 :

- maire : Jean-Baptiste Tissier-Moissonnier, épicier, né le 19 mars 1824 ;

- premier adjoint : Jean Taillère, ancien instituteur, propriétaire ;

- deuxième adjoint : Etienne Rochard, marchand de laines.

* 11 novembre 1873 : suspension pour un mois de M. Tissier par le préfet, à la suite de l’élection contestée du député Jean-Placide Turigny.

* 20 février 1874 :

- maire : Jean-Charles Decray ;

- premier adjoint, Jean-Baptiste Dezautière, médecin ;

- deuxième adjoint : Pierre Fort.

* 18 février 1878 :

- maire : Jean-Baptiste Tissier-Moissonnier ;

- premier adjoint : Etienne Rochard,

- second adjoint : Jean Taillère.

* 16 janvier 1881 : réélection de la même équipe.

* 23 avril 1882 :

- maire : Pierre-Philippe Comoy, médecin, né le 6 décembre 1848 ;

- premier adjoint : François Virlogeux, marchand d'huile, né le 5 août 1829 ;

- second adjoint : Jean Taillère.

* 29 octobre 1882 :

- maire : François Virlogeux ;

- adjoint : Antoine Pautté, marchand de vin, né le 23 mars 1823.

* 13 janvier 1889 :

- maire : François Virlogeux ;

- adjoint : Antoine Pautté.

* 17 mai 1896 :

- maire : Antoine Pautté ;

- premier adjoint : Albert Jarrige, rentier, né le 16 août 1813 ;

- second adjoint : Louis Ragouneau.

* François Virlogeux démissionne du conseil municipal le 13 septembre 1896.

* élections partielles le 30 octobre 1898 :

- maire : Antoine Pautté ;

- premier adjoint : Jean-Baptiste-Alfred Gros, médecin ;

- deuxième adjoint : Richard.

* élections du 22 mai 1900 (M. Pautté, malade, se retire) :

- maire : Jean-Baptiste-Antoine Gros ;

- premier adjoint : Albert Michel ;

- second ajoint : Louis Duvernoy.

 

Décoration en stuc, ancien couvent des Minimes.

 

VIE SOCIALE, ECONOMIQUE ET POLITIQUE

 

-          1802 (6 floréal an X) : Loi d’amnistie concernant les nobles émigrés. Claude Laurent Chambrun d’Uxeloup, Alexis Louis Chambrun de Reugny, Louis François et Charles Paul de Maumigny, Alexandre Prévost de La Croix, Louis Godard de La Motte reviennent dans leurs propriétés autour de Decize.

-          6 Septembre 1803 : Naissance à La Machine de Jean-Baptiste Machecourt. Chef d’exploitation des mines, il invente un système pour décharger le charbon par culbutage des bennes et le parachute des mines qui permet de bloquer une cage d’ascenseur en cas de rupture de câble. Jean-Baptiste Machecourt meurt en 1865 à La Machine.

-          1804 : Le Pont de Crotte est emporté par la crue.

-          19 Octobre 1813 : Naissance à Champvert de Claude Auguste Robinot-Marcy, fils de Claude Robinot et apparenté à Saint-Just. Officier d’artillerie, il participe à la Guerre de Crimée, puis à la Guerre Franco-Prussienne pendant laquelle il est nommé général ; ses derniers commandements correspondent au siège de Paris insurgé et à la répression de la Commune ; il meurt le premier février 1889. 

-          12 Juin 1814 : Naissance à Decize de Louis Joseph Adolphe Charles Constance Hanoteau, fils d’un inspecteur de la navigation et de Jeanne Marie Raboué. Après une formation à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole d’Application de Metz, il est nommé sous-lieutenant en octobre 1834. En 1845, il s’embarque à Toulon pour l’Algérie. Détaché aux affaires arabes, il étudie la langue et la société des Kabyles. Il occupe plusieurs postes administratifs en Kabylie, il écrit plusieurs ouvrages sur les Berbères, leurs langues, leurs traditions. Alphonse Hanoteau, devenu général, est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes des Berbères d’Algérie. Le 10 juin 1876, il rentre en France, s’installe à Prudhomme. Il meurt le 16 avril 1897. Son nom est donné à un village de colonisation près d’Orléansville (c’est l’actuelle commune de Zeboudja) ; une rue reçoit son nom à Fort-National (actuel L’Arbaa n’Aït Irathen). 

-          Du 20 juillet à octobre 1815, Decize et les communes voisines sont occupées par les troupes wütembergeoises du général Missany. En septembre, une digue est construite sur le bras droit de la Loire qui s’ensable par la suite. Un impôt spécial de 82021,37 francs est levé par la commune pour faire face aux frais d’entretien de cette troupe. Les 148 personnes lésées par cette occupation militaire seront remboursées en partie entre avril 1821 et juillet 1822.

-          25 mai 1823 : Naissance à Decize d’Hector Hanoteau. Il étudie à l’école des Beaux-Arts de Paris. Dès1847, il expose au Salon annuel. Il s’établit à Briet, près de Cercy-la-Tour et réunit autour de lui un groupe de peintres paysagistes. Maire de Cercy et conseiller général du canton de Fours, il meurt le 7 mars 1890.

-          1823-1829 : Indemnisation des nobles émigrés : François Hyacinthe de Senneterre de Dreuille, la famille de Bonnay, les frères Maumigny, Jean-Marie Ferquel et sa soeur bénéficient d’une partie de ce « milliard des émigrés »

-          Premier mai 1831 : Le Pont Suspendu construit sur le bras de Crotte par l’architecte Joachim Barrande est ouvert à la circulation. C’est un pont privé : pour l’emprunter, il faut acquitter un droit de péage. En 1886, il sera racheté par la ville et deviendra gratuit.

-          De 1834 à 1844, les principales rues de Decize sont repavées, les maisons sont numérotées, des étiquettes placées aux extrémités des rues pour indiquer leurs noms. L’agent-voyer Evrard et le géomètre Arbelat surveillent ces travaux.

-          1835 : Le colonel Jules Sallonyer de Tamnay est nommé commandant de la place d’Alger. Né à Paris en 1786, il a commencé sa carrière dans les guerres napoléoniennes : Wagram, Catalogne, campagne de Russie. C’est le fils de Jean Joseph Sallonyer de Tamnay et de Charlotte Jeanne Thérèse Prévost de La Croix, châtelains de Germancy, d’Avrilly et de Faye. Après un long séjour en Algérie, Jules Sallonyer est nommé général, commandant militaire en Saône-et-Loire, puis dans le Puy-de-Dôme ; il meurt à Paris en 1861.

-          De 1835 à 1837 : Construction d’un abattoir municipal, le long de l’Aron.

-          8 Mai 1836 : Pose de la première pierre de la Halle aux Grains, sur le Champ de Foire. Ce bâtiment peu pratique est démoli en 1866.

 

Le barrage (tableau, expo du Cercle Artistique).

Plan de Decize : canal et bassin de Saint-Thibault.

 

-          17 décembre 1837 : Ouverture à la navigation du Canal Latéral à la Loire, de Digoin à Briare. Un barrage construit sur la Loire entre Saint-Léger et Caquerêt et le Bassin de la Jonction permettent de passer de ce canal au Canal du Nivernais et à l’Aron. Une chevrette submersible évacue le trop-plein en cas de crue. 

-          1838 : Le Pont d’Aron est rebâti. Cinq arches, une ouverture de 77 mètres, des pieux enfoncés à plus de dix mètres, des maçonneries en béton : ce pont est alors l’un des plus modernes du département. 

-          1839 : La tannerie Baruelle s’installe près des Halles ; elle va traiter pendant près d’un siècle des peaux pour l’industrie de la chaussure.

-          11, 12 & 13 Mai 1840 : Les Troubles de Decize. A la suite d’un conflit à propos de tarifs de chantiers, les mineurs de La Machine cessent le travail. Ils se réunissent, descendent sur Saint-Léger et Decize où ils pillent plusieurs magasins et obligent le maire Donjan à baisser le prix du pain. L’armée et la police interviennent le lendemain et les meneurs sont arrêtés. 16 prévenus passent devant la cour d’assises, 8 sont condamnés. Jean Evaux est condamné au bagne, cinq hommes et deux femmes sont dispersés entre plusieurs maisons d’arrêt. Les Troubles de Decize sont le prétexte à une polémique entre journaux conservateurs et feuilles progressistes.

-          11 novembre 1840 : Le marquis de Raigecourt, qui vient d’acheter l’ancien château de Decize à la famille Mouzat abandonne à la commune de Decize la jouissance de la maison principale et des jardins, à condition qu’un hospice et une école de filles y soient établis, desservis par les sœurs de la Charité de Nevers. L’école ouvre en 1842. Mais, comme la commune n’assure pas le financement, le marquis et ses descendants gardent la direction de l’école et de l’hospice, ce qui entraînera des conflits avec la municipalité Virlogeux.

-          15 Mars 1841 : Inauguration du canal du Nivernais, qui relie Saint-Léger-des-Vignes à Auxerre (174 km). La navigation entre Decize et Cercy a été ouverte en 1834. Plusieurs petites industries s’implantent dans le Faubourg d’Allier : des moulins et fours à plâtre. 

-          Novembre 1841 : un Atelier de Charité permet d’assainir la rue Rosière et d’établir une rampe montant à l’église. 

-          Nuit du 27 au 28 février 1842 : Une partie de la muraille Est de l’ancien château s’effondre sur la nef de l’église Saint-Aré. Plusieurs chapelles latérales, le toit de la nef, plusieurs colonnes, la chaire et le mobilier sont écrasés. L’église est fermée, les offices se disent dans l’ancienne chapelle du couvent Sainte-Claire. Les travaux de réfection sont terminés en 1847.

-          1842 : Hippolyte Guérin, industriel et poète à ses heures, publie un texte satirique : Un Voyage à Decize.

-          1843 : Les artilleurs-pompiers de la Garde Nationale de Decize sont 60. Leur capitaine est M. Renier Brenier.

-          13 Août 1844 : Premier comice agricole à Decize. Concours de charrues, banquet, remise de médailles, présentation de troupeaux. La fête a lieu à la Foire de Brain.

-          1846 : L’industriel Parent-Chaillet relie par une voie de chemin de fer ses mines de fer de Chevigny à la forge de Crécy qu’il a modernisée. Six ans plus tard, il emploie près de 150 ouvriers.

-          1846 : Naissance à Decize de Louis Albert Morlon, fils d’un conducteur des Ponts-et-Chaussées. Avocat, conseiller de préfecture à Nevers, juge, président de la cour d’assises de la Nièvre, il s’est retiré ensuite à Cercy-la-Tour. Louis Albert Morlon, érudit, bibliophile, membre de la Société Académique du Nivernais, a légué un important fonds de livres et de documents à la ville de Nevers.

-          19 Octobre 1846 : Crue de la Loire. Importants dégâts au Port-Taraut, à Saint-Privé. On améliore les digues et on surélève la chevrette submersible du barrage.  

-          26 Juin 1848 : Pose de la première pierre de la nouvelle Tour de l’Horloge. 23 septembre 1849 : Inauguration de la nouvelle tour et de la statue de Guy Coquille (réalisée en fonte par le sculpteur Louis Rochet).

-          Novembre 1848 : 44 gardes nationaux sur 53 démissionnent. Républicains, ils sont en désaccord avec l’évolution politique nationale. La Garde Nationale de Decize est réorganisée avec 22 nouveaux et 30 pompiers.

-          Aux élections présidentielles de décembre 1848, les Decizois votent pour le candidat Louis-Napoléon Bonaparte : dans le canton, il obtient 2511 voix, contre 175 au général Cavaignac et 33 à Ledru-Rollin.

-          28 février 1849 : Plantation d’un arbre de la Liberté et grand banquet républicain.

-          Juin 1849 : Lors des élections législatives, les démocrates nivernais emportent 6 sièges sur 7. Alexandre Rouet est élu. Mais la majorité nationale est conservatrice.

-          18 Juin 1849 : Un groupe d’ouvriers républicains parcourt les rues en chantant La Marseillaise et en criant des slogans démocrates. Ils sont traduits en justice sur ordre du maire Tresvaux de Berteux.

-          12 Septembre 1849 : Discorde autour de Guy Coquille. Aux discours des conservateurs, aux banquet et bal blancs répondent le banquet et le bal rouges. La société républicaine La Marianne regroupe 25 adhérents à Decize, petits commerçants, vignerons et ouvriers.

 

 

Decize au milieu du XIXe siècle.

 

-          25 Août 1850 : Comice agricole à Decize.

-          Entre le 8 décembre 1851 et février 1852, 86 républicains sont arrêtés dans le canton.  22 sont condamnés au transport, 16 en Afrique du Nord et 6 à Cayenne. Plusieurs de ces peines seront commuées. Le citoyen Ricourt, arrêté près de Thianges, blessé par les gendarmes, est déporté en Algérie ; il s’enfuit, passe en Espagne, puis au Portugal ; il revient à La Machine en 1892 et meurt l’année suivante ; les démocrates le considèrent comme un héros.

-          23 octobre 1853 : Ouverture d’une école par les Frères Maristes dans un bâtiment prêté par le curé Henri Deplaye (dans l’actuelle rue Carnot). En septembre 1855, l’école est transférée dans l’ancien couvent des Minimes. La comtesse du Prat et plusieurs donateurs ont constitué une Société Notre-Dame des Minimes qui gère cette école.

-          1853 : Création d’une Société de Secours Mutuel.

-          8 Mars 1853 : Le Conseil Municipal de Saint-Léger-des-Vignes, présidé par Alexis Cortet, adresse un message de félicitation à l’empereur Napoléon III, à l’occasion de son mariage avec la princesse de Montijo.

-          1856 : Le Conseil Municipal de Decize supprime l’école communale, « charge considérable pour la ville ». M. Berthier dirige par la suite un établissement privé, situé dans les mêmes locaux (l'ancien couvent Sainte-Claire). En 1874, il est remplacé par M. François Auguste Niaudet.

-          4 Septembre 1856 : Naissance à Devay de Gustave Comoy. Ce peintre, élève d’Hector Hanoteau, est un paysagiste de talent. Il expose régulièrement au Salon entre 1882 et 1890. Il devient maire de Devay. Il meurt en juillet 1903.

-          Mars 1857 : Fondation de la nouvelle église de Saint-Léger-des-Vignes. Elle est inaugurée le 27 décembre suivant. La paroisse de Saint-Léger, disparue en 1793, a été érigée à nouveau en 1848, mais l’ancienne église était impraticable.

-          1857 : Naissance à Charrin de François Caquet. Inspecteur des Eaux et Forêts, maire de Saint-Hilaire-Fontaine et conseiller général du canton de Fours, François Caquet a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation et de pédagogie consacrées à la sylviculture. Il est mort en 1935. 

-          1858 :  La municipalité du Dr Gros installe un nouvel Octroi aux entrées de Decize. L’Octroi précédent, qui datait de la fin du Moyen-Age, avait été supprimé à la Révolution.

-          1861 : Eugène Noireau et Henri Ernest Parent ouvrent une fabrique de poterie près du port de Decize (au bout de l’actuel boulevard Galvaing). François Virlogeux installe un moulin à huile dans la rue d’Aron.

-          22 Juin 1861 : Ouverture de la Caisse d’Epargne de Decize. M. Jean-Baptiste Dormont est le premier président.

-          31 Mai 1862 : Jean-Baptiste Dormont, conseiller municipal et homme d’affaires, propose un Projet d’Agrandissement de la Ville : un quartier ouvrier et une série d’usines remplaceraient la promenade des Halles. Ce projet est rejeté car la zone est inondable.

-          1863-1864 : Installation d’une usine à gaz, alimentée par le charbon de La Machine. Les Decizois peuvent se chauffer et s’éclairer au gaz de ville. L’usine à gaz sera fermée en 1958

 

Corderie Dumesnil et Usine des eaux.

 

-          11 Juin 1866 : Inauguration de la ligne de chemin de fer Nevers-Cercy, qui sera bientôt prolongée vers Le Creusot, Montchanin, Chagny et Dijon. C’est une voie unique jusqu’en 1885. La gare de Decize reste modeste, puisque la ligne Bourbon-Lancy-Auxerre passe à Cercy-la-Tour et la ligne Moulins-Decize n’est encore qu’un vague projet.

-          26 Septembre 1866 : Crue de la Loire, la plus forte du siècle.

-          1867 : Création d’une fanfare municipale. En 1874, elle compte 27 membres. En 1884, elle devient Harmonie Municipale. Dissolution en 1891, à la suite de querelles politiques, puis réorganisation. En 1894, construction d’un kiosque, près de la Promenade des Halles.

-          1868 : Achèvement de cinq chemins vicinaux reliant Decize à Crécy, aux Bruyères de Crécy, à Avril, Cossaye, Saint-Maurice et aux Crots-Maillots.

-          1870 : Auguste Mahaut, marinier et agent commercial de plusieurs compagnies de navigation s’établit à Saint-Léger-des-Vignes. Né à Nérondes en 1842, Mahaut s’est passionné pour la construction de canaux et il a publié plusieurs ouvrages pour défendre ses thèses. Républicain, membre de la Garde Nationale, il a accueilli Gambetta à la gare de Decize. 

-          6 Janvier 1871 : Les Prussiens approchent. L’état de guerre est décrété dans le département de la Nièvre. Le corps de garde de Decize est renforcé. Le curé Deplaye fait le vœu d’élever une chapelle à Saint Aré si la menace est écartée… En 1877 une chapelle est construite à Saint-Maurice.

-          1873 : Construction de l’école de la Croix des Feuillats, financée par M. Roux, propriétaire à Villecourt. La commune rachète le bâtiment en 1884.

-          20 Avril 1875 : Adjudication des travaux de construction de la caserne. L’entreprise Daguet livre les bâtiments en 1877. La Caserne Charbonnier reçoit un bataillon du 13e Régiment d’Infanterie, en garnison à Nevers. En 1882, un champ de tir est délimité entre Caquerêt, le domaine des Gours et le barrage ; il est loué aux Ponts-et-Chaussées. Le 13e R.I. va quitter Decize en août 1914, remplacé par d’autres troupes (dont un détachement d’Américains) ; le casernement permanent cessera en 1920.

-          1877 : Construction de l’école du Faubourg d’Allier.

-          1878 : Le commandant du bataillon du 13e R.I. propose de donner des cours de gymnastique dans les écoles. Sept ans plus tard, un caporal est nommé moniteur de gymnastique dans les écoles de garçons de Decize. La commune équipe les élèves du bataillon scolaire. En 1890, le matériel et les vareuses sont cédés à la Société de Gymnastique.

-          1879 : Constitution d’un Comité de Protection de l’Enfance. Suivent plusieurs Comités de Patronage des Ecoles Laïques et la Société Scolaire de Secours Mutuel.

-          1882 : L’école Niaudet devient école communale primaire supérieure. Les vestiges de l’ancien couvent Sainte-Claire sont rasés, l’entrepreneur Charles Cliquet construit la nouvelle école de garçons qui est inaugurée en 1883. L’école de filles est installée d’abord dans l’ancienne caserne de passage, derrière la mairie ; en 1899 sont inaugurés de nouveaux bâtiments près de l’école de garçons. Une prolongation de ces bâtiments permettra par la suite d’héberger l’école maternelle (actuelle école Marguerite Monnot).

-          Octobre 1882 : la municipalité Virlogeux attribue des nouveaux noms à plusieurs rues de Decize : Voltaire, Rousseau, Saint-Just, Denfert-Rochereau, Louis Blanc, Victor Hugo, Ledru-Rollin, Quatre-Septembre. Autant de dénominations républicaines qui heurtent les conservateurs.

-          1885-1886 : Le curé Deplaye refuse de laisser entrer les agents municipaux dans l’église afin de sonner les cloches en cas d’incendie ; il fait démonter l’escalier du clocher. En réponse, le maire fait construire une tourelle extérieure afin de donner accès au clocher sans pénétrer dans l’église.

-          12 novembre 1886 : Abolition du péage du Pont du Faubourg d’Allier. Pour fêter cet événement, les habitants du faubourg organisent des bals, des attractions qui vont par la suite constituer leur fête de quartier.

-          1887-1892 : L’eau courante est installée à Decize. L’exploitation du service des eaux est d’abord concédée à l’entreprise Blanchet ; un long procès s’ouvre alors. A la fin du siècle, la distribution commence à être efficace. M. Roy ouvre un établissement de bains-douches près de la machine élévatrice ; un bateau-lavoir jouxte le quai, l’hygiène s’améliore lentement.   

-          1887-1892 : Grèves successives des bûcherons. Pour protester contre la réduction des rémunérations, les bûcherons, écorceurs et autres travailleurs des forêts de la Nièvre et du Cher entament plusieurs mouvements de grève. Un Syndicat des Coupeux de Bois rassemble plusieurs milliers d’adhérents. Les députés Baudin, Laporte et Turigny apportent leur soutien. Des bagarres opposent les « rouges » et les « jaunes ». Mais le mouvement s’essouffle et, face aux évolutions techniques et sociales, la profession est condamnée à se réorganiser.

-          20 avril 1889 : Mort de Jean-Charles Decray, né à Decize le 17 décembre 1814, notaire, maire de Decize à plusieurs reprises, conseiller général du canton et sénateur de la Nièvre pendant 14 mois.

-          26 avril 1889 : Mort de Louis Gaspard Roubet, ancien notaire à Decize (entre 1841 et 1847). Erudit, poète, historien, Roubet a présidé la Société Nivernaise des Sciences, Arts et Lettres.

-          18 février 1890 : Explosion de gaz dans les galeries de mine. 43 mineurs y laissent leur vie. La population de La Machine est consternée. Eugène Schneider, le préfet, l’évêque et de nombreux élus locaux assistent aux funérailles des victimes du plus grave accident survenu dans cette commune.

-          1890-1896 : Courte expérience de formation professionnelle agricole. Un champ d’expérimentation, près de la ferme des Gours, est cultivé par les élèves, sous le contrôle de M. Chudant, professeur d’agriculture.

-          1892 : Une fontaine est installée sur la Place Saint-Just.

-          Novembre 1892 et mars 1893 : Grèves aux Mines de La Machine. Fondation du Syndicat des Mineurs par Charles Millet et Jacques Guyot. Les ouvriers verriers de Saint-Léger, syndiqués depuis plusieurs années, viennent apporter leur soutien.

-          1893 : Création de l’Association Alsace-Lorraine de Decize. Elle préfigure le groupe des Vétérans des Armées de Terre et de Mer, organisé en 1902 et regroupant les anciens combattants de 1870-1871.

-          1893 : Prise de Tombouctou. Parmi les officiers français qui participent à cette expédition, il y a le capitaine François Abel Gautheron, né en 1860 à Sougy-sur-Loire. Au terme d'une carrière dans l'artillerie coloniale, partagée entre des garnisons en métropole etdes postes outre-mer, François Abel Gautheron accède au grade de général de brigade. Il meurt à Sougy le 28 mai 1938.

 

L'Harmonie Municipale de Decize.

 

-          Dimanche 15 octobre 1893 : Fête Franco-Russe organisée par les habitants du faubourg Saint-Privé. L’origine de cette fête est l’alliance militaire entre la France et la Russie : la flotte russe arrive ces jours-ci à Toulon et les autorités gouvernementales donnent des réceptions grandioses aux amiraux russes. Cette fête de quartier – qui a perdu son appellation d’origine - se renouvellera régulièrement chaque année le deuxième dimanche d’octobre.

-          7 Janvier 1895 : Mort de l’abbé Henri Deplaye, âgé de 92 ans. Né à Varzy en 1802, il a été curé de Decize de 1834 à sa mort.

-          Premier juin 1896 : Création de la Société de Secours aux Blessés Militaires des Armées de Terre et de Mer, affiliée à la Croix-Rouge. Le premier président est le comte Etienne de Dreux-Brézé (1872-1939), fils de la comtesse du Prat, et châtelain de Germancy.

-          1897 : Ami des Jeunes, le premier roman de l’avocat Jules Pravieux, est publié par l’éditeur Plon. Pravieux est né à La Machine le 21 octobre 1866. En 1900, il obtiendra le prix Monthyon, décerné par l’Académie Française. Il écrira encore 13 œuvres, dont 11 romans.

 

 

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