CHRONOLOGIE DECIZOISE

 

                                                ANTIQUITE ET MOYEN-AGE :

 

            Les périodes anciennes sont peu connues. La plupart des événements ont été notés  par plusieurs chroniqueurs ou dans les comptes financiers, et repris par les historiens des trois derniers siècles : l’abbé de Marolles (Titres de Nevers, ouvrage publié en 1873), Antoine Parmentier (Archives de Nevers, éditées en 1842), Pierre Gillet (Annuaire de l’an IX), François Tresvaux de Berteux (Annales de Decize, 1855), Frédéric Girerd (Notice historique sur Decize), René de Lespinasse (Les Comtes de Nevers, 1868), Louis-Mathieu Poussereau (Histoire de Decize et de ses environs, 1891, et Conférence sur Decize, 1928), Jean Hanoteau (Guide de Decize, 1937) et Marcel Merle (Decize, son histoire, 1974).

            D’autres informations nous sont fournies par René Surugue (Le Nivernais et de la Nièvre), par Henri de Flamare (Le Nivernais dans la Guerre de Cent Ans), par Elicio Colin (Petite Histoire du Nivernais, 1900), par André Leguai (Histoire du Nivernais, 1999) et plusieurs articles du Bulletin de la Société Nivernaise et des Mémoires de la Société Académique du Nivernais.

            Il convient d’être prudent avec certaines des informations ci-dessous. Les sources de première main manquent. Le comte de Soultrait, éditeur au XIXe siècle des Titres de Nevers, compilés près de deux siècles auparavant par l’abbé de Marolles, déplore que les documents originaux aient disparu, en partie « brûlés en 1793 par la stupide fureur des révolutionnaires », en partie jetés à la poubelle par l’inconscience d’employés municipaux. François Tresvaux de Berteux reconnaît qu’il n’a pu compiler que des « fragments séparés entre eux par des lacunes, des obscurités et des incertitudes de noms, de faits, de dates… » Quant à Jean Hanoteau, il emploie plus d’une fois les expressions : « d’après la tradition… on prétend… on dit que… », autant d’aveux d’imprécision.

            Les pièces du puzzle sont abondantes, mais inégales. S’il est relativement facile de reconstituer certains combats, certaines rencontres de grands personnages, il demeure presque impossible de retrouver la vie quotidienne des habitants les plus modestes ; on doit de contenter de projections à partir d‘études plus générales, ou bien de retenir quelques faits divers (les lépreux, la disette, les incendies, la représentation de Mystères…)   

 

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52 avant J.C. : Au printemps, Jules César réunit à Decetia le Sénat de ses alliés Gaulois Éduens ; une querelle divise les aristocrates éduens à propos de l‘élection du vergobret, leur chef suprême ; César dépose Cotus et soutient Convictolitave, puis il réunit 10000 combattants éduens qui vont se joindre à ses légions dans la campagne contre les Arvernes.

 

IIIe et IVe siècles de notre ère : Decetia est une étape sur deux routes militaires de l’Empire Romain, l’Itinéraire d’Antonin et le plan recopié plus tard sous le nom de Table de Peutinger. Decetia se trouve à l’intersection de deux routes, l’une qui longe la Loire de Roanne à Orléans, l’autre qui relie Augustodunum (Autun) à Avaricum (Bourges).

 

Fouilles : Ecole Lakanal, 1991 ;

Amphore gallo-romaine (expo 2006).

 

IIIe et IVe siècles : Le pagus nivernensis est évangélisé par saint Révérien et saint Patrice. Saint Germain d’Auxerre exerce une influence sur le premier clergé nivernais.

 

VIe siècle : L’évêché de Nevers est érigé en 507. Le premier évêque est saint Eulade. 

Deux ermites, Euphrasius et Auxilius bâtissent un oratoire dans les ruines d’un temple païen [sic] (Girerd p. 6).

 

548-558 : L’évêque de Nevers est Aregius (ou Aridius). Il est enterré à Decize. Il sera canonisé sous le nom de Saint Aré et deviendra le patron de la principale paroisse de la ville.

Après sa mort, « on l’exposa dans une nacelle sur la Loire, avec une croix et des cierges allumés, et sans aucun secours humain, le bateau remonta de lui-même le cours du fleuve jusqu’à Decize, lieu de sa destination. » (Cotignon, Parmentier t 2 pp. 288-289, Tresvaux p. 16-17, Girerd pp. 6-7, Lespinasse t I p. 88, Poussereau pp. 10-11, Hanoteau pp. 57-58, Merle pp. 20-21). Précisions de Guy Coquille sur saint Aré (Coquille t I p. 309 et Merle pp. 22-23).

 

 

VIIe & VIIIe siècles : La crypte de l’église Saint-Aré et une première église sont édifiées.

Le 19 février 1969, au cours de travaux d’urbanisme dans la rue du Dr Turigny, à Saint-Privé, on découvre une nécropole datée entre le VIIe et le VIIIe siècle ; l’un des sarcophages est orné de grandes croix.                               

 

 

 

Xe siècle :  Le château primitif des comtes de Nevers aurait été construit à cette époque au sommet du rocher de Decize. 

 

987 : Hugues Capet est élu roi de France et sacré à Noyon. Son fils Robert le Pieux lui succède en 996. Les rois suivants sont Henri Premier (1031-1060), Philippe Premier (1060-1108), Louis VI le Gros (1108-1137) et Louis VII (1137-1180).

 

989 ou 990 : Landry IV, « gloriosus miles », fidèle du duc de Bourgogne, est le premier comte héréditaire du Nivernais. On connaît sa vie par la Chanson de Landri. En 1028, il meurt ; son fils aîné Renaud lui succède.

 

1028 : Landry donne aux Bénédictins de l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre un terrain afin qu’ils y bâtissent le Prieuré Saint-Pierre. Cette donation est confirmée par le comte Renaud en 1032. (Tresvaux p. 18, Lespinasse t I p. 207, Hanoteau p. 77, Merle p. 25).

 

1040 : le nouveau comte de Nevers est Guillaume Premier. Un long conflit oppose le comte et ses descendants (Guillaume II de 1100 à 1148, Guillaume III de 1148 à 1161 et Guillaume IV de 1161 à 1168) à l’abbaye de Vézelay.

 

1077 : Première ouverture de la châsse de Saint Aré (Hanoteau p. 58).

 

XIIe et XIIIe siècles : Le château de Decize et les fortifications de la ville sont bâtis et développés par les comtes Guillaume II de Nevers (vers 1140), Pierre de Courtenay (vers 1194, futur Empereur de Constantinople) et Jean dit Tristan (1266-1270).

L’église Saint-Aré et l’église du couvent Saint-Pierre sont construites à cette époque (de ces réalisations demeurent le clocher des Minimes, le chœur de Saint-Aré et plusieurs chapiteaux dans les deux édifices).

Eglise romane de Verneuil : chapiteau et peinture murale..

Eglise romane de Fleury-sur-Loire.

 

1130 : Le pape Innocent II, lors d’un passage à Decize, signe plusieurs bulles et confirmations des donations aux moines bénédictins de Saint-Pierre (Merle p. 25). 

 

1139 : Au terme d’une longue guerre entre féodaux voisins, le comte de Nevers Guillaume II enferme dans la Tour de Disise Hugues le Manceau (Hugo Mansellus), un chevalier pillard au service du comte de Thibaud de Champagne ; il y meurt. (Marolles col 249, Colin p. 100, Lespinasse t I p. 289, Hanoteau pp. 69-70, Merle p. 25, Leguai p. 111)*.

 

1180 : Philippe II Auguste succède à son père Louis VII. Lui succèdent : Louis VIII le Lion (1223-1226), Louis IX le Saint (1226-1270), Philippe III le Hardi (1270-1285), Philippe IV le Bel (1285-1314), Louis X le Hutin (1314-1316), Philippe V le Long (1316-1322) et Charles IV le Bel (1322-1328). Les seigneurs nivernais participent aux Croisades, où plusieurs d’entre eux perdent la vie.

 

1188 : Renaud de Nevers (appelé aussi Renaud de Decize), troisième fils du comte Guillaume III, donne un terrain pour la construction du prieuré clunisien et dispense les moines du péage sur le pont de Decize. « Renaud Dassise [sic], li fix le comte de Nevers » se rend célèbre dans un grand tournoi où il est opposé à Guillaume le Maréchal, puis par la Croisade où il perd la vie au siège d’Acre. (Lespinasse t I pp. 411 et sq, B.SN. T XX pp. 483-494, Merle p. 26, Chartes de Cluny t V p. 699 n°4334) **.

 

1184 : Agnès, dernière héritière du comte Guillaume IV, est mariée à Pierre de Courtenay, cousin du roi Philippe Auguste. Pierre de Courtenay participe à le 3e croisade ; à son retour, Agnès est morte et il devient donc comte de Nevers.

 

 

1190 : Agrandissement du prieuré Saint-Pierre, « à la suite d’une libéralité de Renaud de Nevers » (Hanoteau p. 77).

 

1194 : Pierre de Courtenay, comte de Nevers, fait entourer de murs et de fossés la ville de Decize (Tresvaux p. 18, Hanoteau p. 32, Merle p. 27).

 

1200 : Pierre de Courtenay est contraint de marier sa fille Mahaut avec son ennemi Hervé de Donzy. Pierre de Courtenay accompagne en Orient Baudouin de Flandre son beau-frère. Il devient en 1217 empereur de Constantinople ; l’année suivante, il est capturé en Albanie et disparaît.

 

1207 : Famine à Nevers. L’évêque nourrit 2000 pauvres (Parmentier t 2 p. 298).

 

1221 : La comtesse Mahaut reçoit à Decize l’hommage de Guillaume comte de Clermont pour une rente de 120 L T « fatum apud Dysesiam anno domini MCCXXI mense februario. » (Lespinasse t I p. 110, Merle p. 27).

 

1222 : Hervé de Donzy meurt subitement. Sa veuve Mahaut de Courtenay se remarie en 1226 avec Guy de Forez. Celui-ci part en croisade, passe 18 mois en captivité et meurt sur le chemin du retour, en 1241.

 

1255 : Mahaut accorde à Hugues prévôt de Vézelay 45 L annuelles à prendre sur l’impôt des foires de Decize (Marolles col 491, Lespinasse t I p. 237, Merle p. 28).

 

1266-1270 : Le comte de Nevers est Jean dit Tristan, fils du roi Louis IX.

 

1266 : Une charte d’affranchissement est donnée aux Decizois par la comtesse Mahaut : le servage est aboli et les mariages seront désormais francs (Tresvaux p. 19, Girerd p. 14, Poussereau pp. 18-19).

 

1271 : Yolande, petite-fille de Mahaut de Courtenay, devient comtesse de Nevers. Son mari Robert de Dampierre de Béthune est comte de Flandre.

 

1280, 13 mai : Yolande de Bourgogne, comtesse de Nevers, fait son testament au château de Decize. (Lespinasse t III, Merle p. 28).

Elle meurt des suites d’un drame familial. Elle est accusée par son mari Robert de Béthune d’avoir empoisonné un fils du premier lit, Charles. Robert frappe violemment Yolande avec un mors de cheval (Leguai p. 148).

 

1280-1290 : Robert de Béthune administre le comté de Nevers pour son fils mineur Louis Premier.  Les comtes Louis Premier (1296-1322), Louis II et Louis III (1322-1384) sont à la fois comtes de Nevers, de Rethel et de Flandre. Louis III est appelé Louis de Maele (ou de Mâle, ville où il est né) ; en 1357, il marie sa fille unique avec Philippe de Rouvres, duc de Bourgogne. Après la Maison de Flandre, c’est la Maison de Bourgogne qui administre directement le Nivernais jusqu’en 1435.

 

1283 : L’archidiaconé de Decize est créé par division de celui de Nevers en deux (Parmentier t 2 p. 302).

 

1290 : Le comte Robert reçoit au château de Decize l’archevêque de Sens Etienne Bécard ; ils séjournent à Decize pendant la quinzaine de Pâques (Lespinasse t I p. 383, Merle p. 29).

 

 

Miniatures : travaux des champs.

XIIIe siècle : Jehan le Gallois d’Aubepierre écrit un fabliau dont le héros est Renier, « un riche marchand de Decize » . Ce texte sera repris en 1581 par l’érudit Claude Fauchet et traduit en français moderne par M. Cougny (Poèmes nivernais)***.

 

1311 : Louis de Flandre, comte de Nevers, commet toutes sortes de violences ; il s’enfuit en Flandre. Ses enfants sont détenus au château de Decize. Ils sont libérés en 1316 lorsque Louis rentre en grâce auprès du roi de France (Tresvaux, p. 20).

 

1328 : Charles IV le Bel n’ayant pas d’héritier mâle direct, c’est Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel, qui est proclamé roi sous le nom de Philippe VI. Ses successeurs (branche des Valois) règneront jusqu’en 1498 : Jean II le Bon (1350-1364), Charles V le Sage (1364-1380), Charles VI le Fol (1380-1422), Charles VII (1428-1461), Louis XI (1461-1483) et Charles VIII (1483-1498). A partir de 1337 et jusqu‘en 1453, les rois de France s’opposent aux prétentions anglaises sur la couronne de France : c’est la Guerre de Cent Ans. 

 

1336 : Hugues de Bray est instituteur préposé à la direction des écoles ; il est dénoncé par plusieurs pères de famille pour son incompétence ; ils demandent son remplacement (Girerd  pp. 11-12, Poussereau pp. 16-18, Merle pp. 29-30).

 

1359 : Les Anglais s’emparent du château de Druy, de Beauvoir, Fleury, Isenay, Saint-Gratien, Montempuis… et menacent Decize, qui résiste. Des jeunes gens venus de Decize pillent le village de Teinte et brûlent les maisons, afin de ne rien laisser à l‘ennemi.

(Tresvaux p. 21, Girerd pp. 18-21, Colin p. 129, Lespinasse t II p. 18, Poussereau pp. 24-27, Merle pp. 40-41).

 

1366, du 29 novembre au 2 décembre  : Le duc de Bourgogne Philippe le Hardi séjourne au château de Decize. Il est accompagné du duc de Berry son frère, des baillis de Chalon et Mâcon ; ils réorganisent des troupes qui vont combattre en Gascogne. (Lespinasse t I p. 531, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans Peur p. 33 Internet Gallica).

 

1371 : Geoffroy du Bouchet, gouverneur du Nivernais, et sa suite viennent à Decize pour assister à la montre (revue de troupes) de Monsieur de Bourbon ; ils partent ensuite combattre les Anglais en Bourbonnais (Merle p. 42).

 

1373, du 7 au 9 octobre : Nouveau passage de Philippe le Hardi au château de Decize (Gallica… pp. 98-99).

 

1383 : Philippe le Hardi et son épouse Marguerite de Flandres accordent à Decize ses armoiries : « D’or au lion de sable, armé et lampassé de gueules à la bordure cramponnée d’argent et de gueules », mêlant le lion de Flandres et l’entourage alterné blanc et rouge de Bourgogne (Merle p. 42).

 

1389, du 29 au 31 mars : Philippe le Hardi « giste à Desise avec Mons. De Nevers » (Gallica p. 209).

 

1400 : Guillaume de Champlemy fait raser quelques maisons pour élargir les rues de Decize, par mesure de salubrité contre l’incendie (Tresvaux p. 25, Merle p. 42).

 

1405-1419 : Travaux de rénovation et d’embellissement du château de Decize ; le maître d’œuvre est Huguet Fauchier, le trésorier-payeur Maurice de Colanges (Léon Mirot B.S.N t XXIX pp. 189-23, Hanoteau p. 70)*****.

1405 : Etablissement d’une Chambre des Comptes à Nevers (Parmentier, t 2 p. 308).

 

 

Pierres du château intégrées à un mur.

 

1414-1419 : Reconstruction du château de Decize. Le maître d’œuvre est Huguet Fauchier, le payeur Maurice de Colanges. 63 quittances permettent de connaître les travaux, le transport par bateau de pierres de taille depuis Nevers, l’édification de « baignières, étuves et retraits ».

(Lespinasse t III, p 148-149).

La région est menacée par les Anglais et les partisans du duc d’Orléans. Les Decizois envoient des émissaires auprès de M. de Marcilly qui commande les troupes royales dans la province, et des éclaireurs à Dornes et Toury (Tresvaux p. 28).

1414, 8 juillet : Les échevins paient 25 sols à Guillaume Martin pour avoir mis en place 6 canons et 2 bombardes, 10 sols à Pierre Salat pour faire des broches à feu, 10 livres 8 sols et 4 deniers à Jehan Bachelu pour avoir construit 50 toises de palissades autour des murs de la ville et pour avoir récuré le fossé (Merle pp. 42-43, Henri de Flamare Le Nivernais pendant la Guerre de Cent Ans t 1 p. 151). 

 

1417, 9 décembre : Vincent Ferrier, prédicateur espagnol renommé, est reçu à Decize ; il se rend auprès du roi Louis XI. Le religieux est reçu avec beaucoup d’honneurs et il loge chez Henry de Basserand seigneur de Lamenay ; on élève une chapelle où il dit la messe ; il part à Nevers dans un bateau couvert. Sa réception a coûté 24 L 11 s et 10 d (Tresvaux pp. 28-29, Merle pp. 65-66). Il reste ensuite neuf jours à Nevers, où il prêche près de l’hôpital Saint-Didier, puis il part en bateau pour La Charité (Parmentier t 2 p. 308, BSN vol 5 pp. 188-191 et vol 14 pp. 196-202).

 

1418 : Deux aventuriers, les bâtards de La Guiche et de Pony, menacent le ville ; les bourgeois s’en débarrassent en leur payant 10 livres tournois (Tresvaux p. 29, Merle pp. 43-44).

 

1419, 9 octobre : Sœur Colette de Corbie vient réformer le couvent des clarisses de Decize ; la comtesse Bonne d’Artois a donné aux religieuses un terrain jouxtant les jardins du château. (Marolles col 229, Parmentier t 2 p. 309, Tresvaux pp. 29-30, Girerd pp. 26-37 : récit du miracle de Sainte Colette, Poussereau pp. 28-31, Hanoteau pp. 87-88, idem, Merle pp. 66-67)°. Cf. La Recluse biographie de sainte Colette.  

 

1420 : L’horloger Jehan Coustelier reçoit une clé « pour aller à son horloge visiter par nuit et autrement » (Etude de Christophe Giraudet sur un éventuel beffroi à Decize).

 

1422-1427 : Perrinet Gressart vient plusieurs fois à Decize (Lespinasse t III pp. 209, 213 et 215, Bossuat Perrinet Gressart p. 100, Merle pp. 46-48, BSN vol 24 pp. 451-641 et vol 27-5 pp. 26-40).

 

1424 : Le duc de Bourgogne Philippe le Bon épouse à Decize la comtesse Bonne d‘Artois, veuve de Philippe de Nevers, tué à la bataille d‘Azincourt (Girerd p. 25, Poussereau p. 28, Hanoteau p. 71, Merle p. 81).

 

1426 : Un Mystère de la Passion est joué devant le parvis du prieuré Saint-Pierre, la veille de l’Assomption : une somme de 6 L T est donnée à Gilbert et Guillaume Coquille organisateur du spectacle (Tresvaux p. 31, Merle p. 51).

 

1427 : Des hommes vêtus de peaux de loups et portant des barbes noires sont surpris dans les fossés de la ville ; leur chef, un nommé Beaulon, est saisi puis relâché (Tresvaux p. 31, Merle p. 52).

3 et 4 septembre 1427 : Réception de M. Paillard seigneur de Meursaut, gouverneur du Nivernais pour le roi (Tresvaux pp. 31-32)

 

1428 : Démolition de la chapelle Saint-Gilles ; renforcement des remparts du côté du pont de Crotte avec quatre chariots d’épine. Le maréchal de Bourgogne surveille ces travaux réalisés par Jean Blondat (Merle pp. 53-54).

 

1429, 14 octobre : Par testament, noble Odart de Lespinasse seigneur de Champallement lègue 100 L aux frères mineurs de Decize et la même somme aux religieuses de Decize afin que des messes soient dites à chaque anniversaire (Marolles col 18).

1429 : nouvelles menaces ; Etienne Parpis, notable de la ville, est enlevé ; les Decizois préparent la défense de la ville (Tresvaux p. 32).

1429  : Les Decizois envoient un certain Moreault à Saint-Pierre-le-Moûtier afin de savoir si Jeanne d’Arc a commencé le siège de la ville (Merle p. 54).

 

1430 et 1435 : L’horloger Jehan Coustelier installe deux cloches dans le clocher (Christophe Giraudet et comptes de Guiot Brossart). 

 

1431, vendredi saint : Le prince d’Orange, l’évêque de Rennes et M. de La Trémouille passent à Decize ; ils vont traiter de la paix avec le duc de Bourgogne, au nom de Charles VII. Réception fastueuse qui coûte 31 L 15s et 10 d. Le receveur des deniers communs est Guillaume de Savigny (Tresvaux p. 33, Merle p. 54).

 

1432 : Jean Baudot et quelques hommes sont envoyés traquer l’espion Vésigneu ; ils ne le trouvent pas ; des troupes étrangères campent près de Saint-Pierre-le-Moûtier (Tresvaux p. 35, Merle p. 55).

 

1433 : Disette, pillage des vivres par des compagnons de guerre (Merle p. 55).

 

 

Miniature (Moulins) : scène de guerre.

 

1434, 3 avril : le château de Druy est pris par les troupes de Jean d’Egreville. Il est démoli en août. Les Decizois envoient un tonneau de vin (Tresvaux pp. 35-36).

La ville achète des armes (détail : Flamare t II p. 101, Merle pp. 55-58).

 

1435 : Le duc Philippe le Bon cède le Nivernais à son beau-fils Charles de Nevers.

 

1435, 22 septembre : La paix a été signée à Arras. 2000 Anglais sont signalés au Veurdre (Tresvaux, p. 36, Merle p. 59).

 

1436 : Les mires et barbiers ont constaté que Marguerite Venguerot, de Crécy, est ladre (lépreuse) : on lui fournit un costume spécial (manteau de drap tondu, chapeau, cliquette, gants, besace et entonnoir (Tresvaux pp. 36-37, Merle p. 72).

 

1437 : Lors du procès et de l’exécution de Jeanne d’Arc, un Decizois est présent parmi les juges, frère Isambart de La Pierre ; un autre Decizois, le curé Guillaume Bouillé, participe au procède réhabilitation (Merle pp. 79-81, René Surugue Le Nivernais et la Nièvre t I p. 475)°°.

 

1438 : Le capitaine de Chabanne et ses gens d’armes traversent la ville ; l’année suivante c’est le bâtard de Bourbon (Tresvaux p. 37, Merle p. 60).

 

1440 : Le duc de Bourbon assiège vainement Decize et doit se retirer à Moulins ; plusieurs troupes manoeuvrent dans les environs (Tresvaux p. 38).

 

1441 : Procès de ‘’seigneurs-voyous’’ : Jean de La Pierre, seigneur de La Barre, et Jean de Balorre ont enlevé de son lit messire Hugues Boyer, curé de Verneuil, ils l’ont dépouillé de sa soutane, lié et fait simulacre de le noyer dans l’Aron. Jean de La Pierre est condamné à être détenu au Châtel de Decize et à 500 L T d’amende ; Jean de Bolacre à 100 L T. Jean de La Pierre fait appel et son amende est transformée en quelques jours de prison (Tresvaux p. 39, Merle p. 73).

Le duc de Bourgogne est reçu à Decize (Tresvaux pp. 39-40)

 

1442 : Les échevins Regnault de Fontenay, Henri Coquille et Guillaume Pomereuil décident de construire une tour destinée « aux affaires de la ville » et placée « en la muraille de la ville du côté du verger du chastel ». Il s’agit certainement d’un premier beffroi… (Tresvaux p. 40, Girerd p. 17).

 

1452 : Les gens de guerre en garnison à Decize commettent de grands désordres. Plainte des habitants auprès du comte (Tresvaux p. 40, Merle p. 61).

 

1453 : « Le chef de Mgr Saint Aré » est présenté dans une fenêtre protégée par un treillage. Marché conclu avec Jean Bely, serrurier du diocèse de Soissons (Tresvaux p. 41, Hanoteau p. 55, Merle p. 73). En 1482, l’évêque de Nevers vient bénir ces reliques (Tresvaux p. 48).

« On raconte que deux malfaiteurs, s’étant emparés de ce chef, ne purent aller loin car, dit-on, leur fardeau devint bientôt si pesant qu’ils durent l’abandonner. » (Hanoteau pp. 55-56, en note, une remarque sur le dossier du procès « qu’on pouvait encore consulter au XVIIe siècle selon le P. Giry » …)

 

1454, 2 juillet : Fondation de la chapelle Notre-Dame de Bon Port, placée sur la première arche du pont de Saint-Privé, par Hugues Coquille (Hanoteau p. 23).

 

1456, 26 juillet : Jour de la sainte Anne. Les bourgeois de Nevers viennent à Decize offrir à saint Aré et à sainte Anne des torches et des bougies placées sur des roues pour faire cesser une épidémie (Merle p. 72).

1460 : Une épidémie de peste frappe la population de Decize (Hanoteau p. 13).

 

1462 : Le roi des ménétriers de France passe à Decize ; il confère par acte notarié l’autorisation d’exercer son art à un habitant de Decize (Tresvaux p. 42).

 

1464 : Le comte Charles de Nevers meurt ; il est remplacé par Jean de Clamecy. Ce dernier est presque toujours en Picardie. Le pouvoir est assuré par Marie d’Albret, que Charles a épousée en 1456. Après la mort de Jean de Clamecy en 1491, c’est son petit-fils Engilbert de Clèves qui lui succède jusqu’en 1505.

1464, 22 août : Lettre touchant l’usage que le prieur de Saint-Privé-lès-Decize dit avoir en la forêt de Glénon (Marolles col 475).

 

1465 : Equipement de Georges de Radonville, archer au service du roi : hoqueton fait avec une demi-aune de drap rouge, demi-aune de drap bleu et deux aunes de gros drap pour une jaquette ; le couturier Pierre Bélard reçoit 8 L et 4 d ; le serrurier Hugues Gauffilet fabrique un clef pour son arbalète ; on lui fournit encore des gardes et un gorgeron pour 11 s (Tresvaux p. 43).

 

1468 : La Porte de Crotte (du Marquis d’Ancre) est reconstruite ; le menuisier Jean Bernard est chargé de prendre le dessin de la Porte du Croux à Nevers… (Hanoteau pp. 43-44)

 

1469  : La ville reçoit Mgr de Calabre, à qui on offre un demi-tonneau de vin clairet, puis le prince Engilbert qui reçoit de nombreux cadeaux dont 8 muids de vin et 40 bichets de froment, le tout coûtant 50 L 11 s et 8 d.

Le jour de l’Assomption, la vie de Saint Adrien est représentée par plusieurs habitants de la ville ; ce spectacle coûte 116 L T.

Le huchier Jean Bernard reconstruit les portes de Loire et de Crotte.(Tresvaux p. 44)

 

1470, 5 février : Le château de Druy renforce ses défenses, à cause d’une rumeur d’attaque par 10 à 12000 Bourguignons (Girerd pp. 23-24).

 

1471 : La ville de Decize renforce son armement (Lespinasse t III)°°°.

Jean Chalopin fait partie de l’ambassade du comte de Nevers qui rend auprès du roi pour traiter des fortifications de Decize (Tresvaux p. 45).

 

1475, 2 octobre : Au château de Decize, Marie d’Albret, comtesse douairière de Nevers, représentée par Jean du Chastel, docteur en décret, vicaire général de Cluny, et Philibert d’Anlezy, maître d’hôtel, fait établi un acte touchant son douaire. Son beau-frère Jean duc de Brabant doit payer 2000 francs et 30 marcs de vaisselle. Il paye comptant 1000 francs et les 30 marcs (2 flacons, 2 plats, un bassin à laver les mains, 2 écuelles et une aiguière d’argent). Les autres 1000 francs seront payés dans deux ans. (Marolles)

 

1478 : Un prêtre nommé Jean Gay cède une maison, moyennant la fondation d’une messe par semaine et 60 L T, afin qu’elle devienne l’hôtel de ville (Tresvaux p. 46, Girerd p. 17).

 

1479, 14 mai : Par testament Paule de Brosse comtesse de Nevers (seconde épouse de Jean de Clamecy) décide que son cœur soit porté en l’église Sainte-Claire de Decize et qu’au jour de son enterrement quinze pauvres pucelles soient habillées en l’état de béguines et tiennent des torches (Marolles col 18, Merle pp. 67-68).

Le 19 août est célébré en l’église Saint-Aré de Decize un service solennel en son honneur : 13 prêtres sont présents. Le peintre Jean Corbin peint 18 écussons ; coût total 4 L 1 s et 3 d (Tresvaux p. 47).

 

1480 : Un incendie détruit la plupart des maisons du quartier de la Croix-Voisin. « La plupart des maisons de la ville où étoit la meilleure assiette et marché près la Croix-Voisin furent arsées et  bruslées. » (Hanoteau p. 13)

15 L sont données par Jean comte de Nevers aux sœurs collettes de Decize pour acheter en son nom de Victor de Druy une maison proche du couvent des sœurs (Marolles col 231). 

 

1480 : Le roi Louis XI passe à Decize venant de Lyon. Il est logé à Saint-Privé, ainsi que les princes de sang. On lui présente 12 tonneaux de vin clairet (48 L T) ; le notaire Colinet Carpentier a acheté à Nevers quatre aunes de damas fleurdelisé (24 L T).

La même année, la comtesse de Nevers fait sa « joyeuse entrée » ; un charpentier construit un échafaud pour placer les ménétriers (44 s et 8 d) (Tresvaux p. 47).

 

1483 : Les hommes d’armes du seigneur de Gassion menacent la ville ; Pierre de Bécharme et ses archers, envoyés par le comte, viennent en renfort : Gassion se retire (Tresvaux p. 48).

 

1486 : Le jour de la Saint Aré, les échevins font représenter les Mystères de Sainte Cécile. Le peintre Jean Dubourg peint la scène, avec la gueule de l’enfer. Le menuisier Guillaume Martin représente les dents de Lucifer. Barthélemy tend les tapisseries et fait paraître le cheval de Saint Georges. La couturière Jeanne Damien fournit un linceul noir. Le tout coûte 15 L 15 s et 1 d (Tresvaux p. 49). Réception du connétable de Bourbon (Tresvaux p. 50).

1488 : On achète à Jacques de Druy, drapier, pour 40 sols de drap pour deux palettes d’archers ainsi que de la futaine pour couvrir les brigandines et gibecières (Tresvaux p. 50).

 

1489 : Le jour de la Saint Aré, les échevins font jouer la Vie de Sainte Barbe par des compagnons étrangers qui reçoivent 21 L 13s et 4 d (Tresvaux p. 50).

 

 

 

Miniature : le tailleur de pierres.

 

1491, 3 octobre : Le comte Engilbert de Clèves fait sa « joyeuse entrée » à Decize ; et le 25 octobre c’est son fils, Charles de Clèves, qui est reçu dans la ville ; ce dernier épouse sa cousine Marie d’Albret ; ils sont tous les deux descendants de Jean de Clamecy, dernier comte représentant de la maison de Bourgogne. Marie d’Albret fait ajouter au château de Decize un logis plus luxueux comportant une galerie à l‘italienne.

Le comte et son fils sont accueillis par une délégation qui comprend Claude de Damas et Gilbert d’Aure, seigneurs d’Anlezy, et Jacques de Boisserand, seigneur de Lamenay. (Marolles, Tresvaux p. 51, Girerd p. 28, Poussereau pp. 31-34).

 

1492 : Mahault comtesse de Nevers affranchit toutes les filles pucelles de ses domaines pourvu qu’elles se marient du vivant de leurs parents ; elles peuvent emporter leurs meubles. Tiennette Briffault, de Devay, est affranchie en épousant Philippe Buisson (Tresvaux, p. 51).

 

1495 : Le duc et la duchesse de Bourbon arrivent à Decize. On accorde à des enfants 8 s et 4 d pour des prix et faire des farces (Tresvaux p. 53).

 

1496 : La reine de France, femme de Charles VIII, fait son entrée à Decize. Les échevins lui offrent deux tonneaux de vin clairet (15 s) (Tresvaux p. 53, Merle p. 85).

 

1497 : La comtesse de Nevers est en couches au château de Decize de mademoiselle Marguerite. Les échevins lui rendent visite et vont souper aux frais de la ville chez l’hôtelier Barbier (9 s et 4 d) (Tresvaux p. 53)

 

1498 : le roi Charles VIII n’ayant pas d’héritier direct, le trône revient à son cousin Louis duc d’Orléans qui descend de Charles V : il règne sous le nom de Louis XII.

 

1498 : Le bâtard de Nevers vient à Decize où il reçoit deux tonneaux de vin clairet (40 s).

La peste se déclare à Decize. Les premiers atteints sont la famille de Laurent Bureau, Jean Bélard et son fils, Pasquier Flori et sa femme, Guillaume Tréfardon, Rolet Moreau, Pierre Chovilet et les filles de Laurent Tiraut. On les met hors la ville avec défense d’y entrer. On prévoit d’établir un cimetière hors de Decize (Tresvaux p. 54, Merle p. 77).

 

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