L'EGLISE SAINT-ARE

          2 - HISTOIRE DE L'EGLISE SAINT-ARE.

             Une crypte mérovingienne.

            Existait-il un sanctuaire pré-chrétien au sommet du rocher de Decize ou dans une grotte ? Frédéric Girerd l'affirme, sans toutefois avancer de preuves irréfutables [1].

            Selon les mêmes sources, reprises par Jean Hanoteau, puis par Marcel Merle, les ermites Euphrasius et Auxilius auraient bâti un oratoire, une ecclesiola, en contrebas de ce temple. Ce serait l'origine de la crypte actuelle.

            La crypte est composée de deux nefs, reliées entre elles par deux passages. La nef principale est accessible depuis l'église par un escalier ; la petite nef est éclairée par deux petites fenêtres.

            Sur une contre-marche de l'escalier, on peut lire le texte suivant : "Ce...re... Edmond ...ille et Pierre Bona... fabrisien tous trois curé de cette paroisce aveque mes ip Lavigne G. Rogue maisre et echevain de cette ville ce 13 jeanvier * 1752." Cette pierre est certainement une pierre de remploi d'une dalle de dédicace. Les personnages cités sont les curés Cabaille et Bonnet, J. Lavigne et Gabriel Rogue [2].

 

Crypte principale.

Détail du retable "Jésus au Jardin des Oliviers".

   

         Un choeur roman.

            Le choeur de l'église Saint-Aré a été bâti au XIe siècle (à la même période que celui de l'église du prieuré bénédictin Saint-Pïerre).

 

Choeur roman de l'église.

La plus ancienne page lisible du registre paroissial.

 

           Les curés portionnaires de Saint-Aré.

            Pendant près de trois siècles, l'église Saint-Aré a possédé une particularité rarissime en France. Elle était desservie par quatre prêtres, dits curés portionnaires. Attestée en 1444, cette organisation a été confirmée par une bulle papale de 1488. Elle a duré tout au long des XVIe et XVIIe siècles ; elle s'est éteinte progressivement à la fin du siècle suivant . De 1744 à 1750, les quatre curés portionnaires étaient les abbés Sursin, Edmond Robinot, Cabaille et Bonnet. En 1789, Guillaume-Adrien Decray était l'unique curé alors que, dix ans plus tôt, il partageait les tâches et bénéfices de la paroisse avec Léonard Rogue et Bontemps.

            Les quatre curés se répartissaient de façon très équitable les responsabilités. Les registres de Saint-Aré montrent deux sortes d'alternance entre les signatures des portionnaires : tantôt, ils se partageaient l'année par un roulement en semaines (ils ajoutaient à leurs signatures la mention curé de semaine ou semainier) ; tantôt ils se partageaient les actes selon l'importance des familles, l'archiprêtre se réservant les baptêmes, mariages et inhumations des notables et laissant à ses subalternes les cérémonies concernant des habitants plus modestes.

            Par l'étude des registres, il est possible de reconstituer la succession des curés portionnaires de Saint-Aré de la fin du XVIe siècle jusqu'à la Révolution ; on constate une sorte de monopole des principales familles bourgeoises de la ville : on trouve plusieurs Decray, Robinot, Sursin, des curés nommés Marinyer, Cabaille, Quantin, Delin, Gaudry...

 

Page de garde d'un registre paroissial du XVIIe siècle.

       

        La tragédie des 12 et 13 mai 1525.

            Au printemps de l'année 1525, la ville de Decize a connu deux journées de massacres et de pillage, suivies d'une longue période d'affliction. Assiégée par la bande de mercenaires italiens du condottiere de Bellejoyeuse, la petite cité a essayé de résister, mais ses défenses étaient insuffisantes. Les soudards ont franchi les remparts et "tué et occis de 200 à 300 personnes et causé de grandes ruines, pertes et désolations... [3]"

            Plusieurs habitants ont cru obtenir la vie sauve en se réfugiant à l'église et dans la crypte. Ils furent tués, ainsi que l'archiprêtre Hélion Sellier.

            Quelques jours après ce massacre, les enquêteurs venus de Nevers, et plusieurs prêtres parmi eux, furent témoins d'un étrange miracle : la statue de Notre-Dame-de-Soubs-Terre remua les yeux et une larme de sang coula de son oeil gauche [4].

Statue de la "Vierge Noire", XVIe siècle.

 

            Le séquestre de 1790.

            A la suite de la loi du 2 novembre 1789 et de plusieurs textes législatifs votés l’année suivante, la commune de Decize est devenue propriétaire de tous les lieux de culte qui se trouvaient sur son territoire. L'église Saint-Aré est restée propriété communale, contrairement aux églises de Saint-Privé, de Brain, de Saint-Maurice, à la chapelle Saint-Thibault et à l'église du couvent Sainte-Claire qui ont été par la suite désaffectées et vendues parmi les biens nationaux [5].

            Le dossier de séquestre comporte une quinzaine de documents, qu'on peut classer en trois catégories :

1 - La vente de terres qui dépendaient de la fabrique de Saint-Aré et qui sont devenus biens nationaux en 1790 :

- Le 20 octobre 1790, un pré situé au finage de Saint-Maurice, d'une contenance d'une voiture 1/2 de foin, est expertisé par Louis-Philippe Gaudry ; Antoine Prévost, propriétaire du château de Germancy, déclare qu'il s'en porte acquéreur.

- Le 6 novembre 1790, François Blondat, contrôleur des guerres, achète une vigne de 8 oeuvrées  (ou 25 ares) sise au climat de Saint-Jérôme, à Saint-Maurice.

- Le 14 Prairial an IV, Claude Auboy, demeurant à Forge-Neuve (Avril / Loire), achète un jardin dépendant de la cure de Saint-Aré et un autre dépendant des ci-devant religieuses de Sainte-Claire, le tout ayant une contenance de 3/4 de boisselée.

- Le 7 Thermidor an IV, Coquille le Jeune, messager de Nevers à Decize, achète la chapelle latérale du couvent des Minimes, mitoyenne de son jardin, pour le prix de 100 livres et 16 sols.

- François Blondat-Libault, maître de forge demeurant aux Pierres, à Sougy, achète le presbytère de Saint-Maurice et les biens qui en dépendent, le tout valant 1958 livres. Il acquiert également une pièce de terre d'une boisselée et demie, sise à la Joncière, appelée le Pré des Minimes.

- Le 9 pluviose an IX, une autre vigne du climat de Saint-Jérôme, appelée la vigne du Pain Béni, est vendue aux enchères. La mise à prix est de 288 F ; c'est le citoyen Vautey qui l'emporte pour la somme de 655 F.

2 - Les prêtres de la paroisse ont échangé avec le district et la commune de Decize un courrier assez volumineux pour réclamer l'application des décrets du 12 juillet 1790 sur le logement des curés, du 18 octobre 1790 sur l'attribution de jardins aux curés et, surtout, sur le paiement des desservants des paroisses. Le vicaire Gilard adresse plusieurs requêtes pour percevoir en avril 1791 la somme de 392 livres 17 sols et 6 deniers, restant à payer sur son traitement de l'année 1790. Les nouvelles autorités lui ont promis 850 livres par an. Le curé Guillaume-Adrien Decray perçoit 1500 livres, qu'il doit réclamer plusieurs fois ; en février 1792, il demande une indemnité de logement de 200 livres, car "de temps immémorial il n'y a eü de presbitère en cette ville". Quelques mois plus tard, les deux prêtres devront cesser leurs récriminations, car l'heure ne sera plus au salariat du clergé, mais aux persécutions.

3 - Hugues Grenot, ancien receveur des comptes de la fabrique, a déposé entre les mains des citoyens Dumont-Plainchant et Trochereau (alors maire de Decize) le dernier bilan. Les dépenses ont excédé les recettes de 998 livres, 6 sols et 8 deniers.

 

L'accident du 27 février 1842.

            Une réunion exceptionnelle du conseil municipal de Decize se tient le lundi 28 février 1842. La veille, entre huit et neuf heures du soir, "les murs du vieux château de Decize, minés par le temps, se sont écroulés avec un horrible fracas et, dans leur chute, ont entraîné une partie de l'un des bas-côtés de l'église; ils ont également enfoncé la voûte et renversé la grande fenêtre d'une jolie chapelle de style gothique placée près du choeur. On espère que personne n'a péri. Quelques heures plus tôt, on aurait pu avoir à déplorer la mort de plus de deux cents personnes réunies dans l'église, et notamment de tous les enfants attachés aux écoles de garçons, la place qui leur est indiquée se trouvant précisément dans la partie du bas-côté dont les murs ont été renversés  [6]."

            La nef a subi d'importants dégâts ; la chaire et une partie du mobilier ont été renversés ; le toit et la charpente ont été ébranlés, et des chutes de gravats sont à craindre. L'église Saint-Aré est momentanément fermée au culte.

            C'est le propriétaire du château, le marquis de Raigecourt, qui porte la plus grande responsabilité. La municipalité envisage d'intenter une action en justice contre lui. Mais la municipalité de Decize n'a pas toujours pris les décisions qu'il fallait prendre.

 

Plans proposés pour la reconstruction (1842)

(Archives Municipales).

 

            Des travaux de nivellement et d'aménagement des abords de l'église avaient été entrepris autour de 1835. Il a fallu d'abord exproprier le jardin de Jacques Bijon, un terrain étroit réputé stérile situé entre le bas-côté droit et le glacis du château ; après quelques terrassements effectués dans le cadre d'un atelier de charité (février et mars 1837), les conseillers municipaux ont fait réparer la couverture de l'église.

            Les responsables de la fabrique ont alors alerté le maire (16 mai 1838) : "La nef menace ruine ; les fondations de ce temple sont salpêtrées et lézardées ; il est de toute nécessité de démolir cette portion principale de l'édifice, pour la reconstruire à neuf le plus tôt possible." Le conseil municipal, qui avait déjà consacré 1200 francs en 1834, 1400 francs en 1835 et 303,69 francs en 1837 aux travaux de l'église, et qui avait dû recourir à un impôt extraordinaire, a refusé de voter toute autre dépense ; la commune de Saint-Léger, qui aurait dû participer à cet effort, puisqu'elle était rattachée à la paroisse de Decize, n'avait pas versé le moindre centime. Le 5 février 1840, le conseil de fabrique revient à la charge. Un devis a été établi par des entrepreneurs de la ville : 17000 francs sont nécessaires ; la paroisse compte utiliser 3000 francs qu'elle possède (le legs de Jacques-Archange Cartier) ; une souscription doit rassembler autour de 5500 francs ; la commune pourrait apporter les 5500 francs qui manquent. Le curé Deplaye a joint à sa requête un plan, une copie du devis et le livre de comptes de la fabrique.

            Mais d'autres travaux semblent plus urgents : le toit de la halle aux grains est percé, il faut abattre une centaine de peupliers qui menacent de tomber. "Les habitants de Decize ne s'empressent pas de répondre à l'appel qui leur a été fait par Mr le Curé" et la municipalité "demande à Saint-Léger de participer". Une subvention de 1370,24 francs est enfin votée, pour de nouveaux travaux de terrassement. Cette somme ne servira pas à la réfection de l'église. Le propriétaire du château, M. de Raigecourt [7], propose à la ville la jouissance gratuite du château et des jardins attenants pour une période de dix ans, à la condition expresse qu'un hôpital y soit installé, desservi par les soeurs de la Charité. L'ancien hôpital est insalubre. La municipalité accepte, après quelques tergiversations, qu'un hospice soit installé dans l'ancien logis du château : une rampe est aménagée entre le portail de l'église et le château. Cette rampe se faufile entre les énormes moellons et les éboulis des remparts ; ces aménagements nouveaux contribuent à les rendre encore plus instables.

            Et, trois mois plus tard, le mur du château s'écroule dans l'ancien jardin du sieur Bijon et sur la nef de l'église Saint-Aré... Provisoirement, l'ancienne chapelle des Clarisses sert d'église paroissiale ; elle est prêtée par M. Charpin, récent acquéreur d'une partie de l'ancien couvent.

             La restauration de l'église et de son quartier.

            Avant d'entreprendre les travaux, il faut assurer leur financement. Une imposition exceptionnelle - une de plus - est organisée : à raison de deux centimes par franc sur les contributions déjà prévues. Le gouvernement promet 5700 francs. Le devis a été réduit à 9400 francs.

            A ces dépenses s'ajoute une exigence du marquis de Raigecourt : il déclare qu'il cède définitivement tous les terrains qu'il possède contre 7000 francs. La municipalité refuse. Une entente est enfin trouvée le 4 novembre 1845 : le marquis ne demande plus rien pour lui, mais il exige que la ville fasse construire un hospice (devis établi à 15000 francs). Cette clause ne sera pas respectée, car la ville doit faire face à d'autres dépenses simultanées : destruction et reconstruction de la tour de l'horloge, entretien des chemins, aménagement de quais et... reconstruction de la nef de l'église.

            La réparation de l'église dure cinq ans. Les décombres des murs effondrés sont enlevés par l'entrepreneur Sauret ; l'ancien cimetière est définitivement désaffecté [8], ce sera désormais le jardin du curé; la municipalité désire abattre un mur hideux entre l'église et le château et aménager une promenade plantée de tilleuls entre les deux portails, mais le préfet refuse [9]. Le bas-côté droit et la chapelle sont reconstruits. Plusieurs chapelles sont supprimées pour élargir la nef. Le 24 mai 1852, la châsse qui contenait les restes de saint Aré est transférée d'une niche percée dans le choeur à la crypte ; des ossements sont ajoutés en 1854 [10].

            Quant à la commune de Saint-Léger, qui "depuis plus de cinquante ans est administrée pour le spirituel par la paroisse de Decize", et qui a toujours fermement refusé de contribuer aux travaux de Saint-Aré, elle réclame en décembre 1846 la construction d'une église succursale ; le conseil municipal de Decize s'y oppose.

             Le Sacré-Coeur et la grêle.

            En novembre 1860, le curé Deplaye présente un nouveau projet d'embellissement de son église: dans le terrain vague entre la nef et le château, il veut construire deux chapelles, qui seraient consacrées au Sacré-Coeur [11] et au catéchisme de persévérance. La municipalité refuse. Trois mois plus tard, le curé a modéré ses projets : il ne demande plus qu'une seule chapelle, qui lui servirait de salle de catéchisme. Le legs Donjan-Barbat et les réserves financières de la fabrique servent à payer les travaux et la chapelle dite du Sacré-Coeur est bâtie en 1862.

            L'année suivante, le clocher, le toit et les vitraux de l'église subissent d'importants dégâts lors d'un orage de grêle, le 28 août 1863. Le clocher est réparé ; plusieurs legs permettent à la fabrique d'assumer presque toutes les dépenses ; la ville ne verse que des appoints très modestes (600 francs en 1870 pour un devis de 5026,15 francs).

            Malheureusement, toutes ces réparations successives sont effectuées sans grand souci d'unité. Des couches de plâtre et des frises recouvrent les murs et tentent de boucher les fissures. L'église Saint-Aré revue par les architectes et les entrepreneurs du XIXe siècle perd beaucoup de son style d'origine...

             L'inventaire de 1906.

            Le 19 janvier 1906, M. Sanglé-Ferrière, receveur des domaines et contributions de Decize, se rend à l'église Saint-Aré. Sa mission est d'effectuer l'inventaire complet de tout le mobilier, des objets de culte, des ornements, vitraux et autres décorations ajoutés au bâtiment depuis qu'il est devenu propriété communale en 1790. Cet inventaire se déroule en présence de l'abbé Perret, vicaire (le curé Lemoine ayant refusé de se présenter) et du comte de Dreux-Brézé, président des marguiliers de la fabrique [12]. La nouvelle loi de séparations des Eglises et de l'Etat exige cette démarche.

            A Decize, l'inventaire se passe calmement. Cependant "les témoins sont indignés et muets", comme ils le font ajouter au procès-verbal, suivant les instructions des autorités ecclésiastiques. Dans la commune voisine de Devay, la protestation est plus nette : "Si nous cédons à la force, si nous n'employons pas la violence pour faire respecter cette propriété, nous réservons cependant tous nos droits pour l'avenir. La violence n'a qu'un temps, elle passera rapidement pour faire place à la justice, seule base d'un gouvernement stable. Cette espérance repose invinciblement dans nos coeurs croyants, car elle est fondée sur l'expérience des temps et particulièrement sur la parole de Notre Seigneur Jésus Christ qui a bien dit que son Eglise serait persécutée, mais qui a promis qu'elle serait victorieuse de ses ennemis car lui, son Fondateur et notre Dieu, ne l'abandonnera jamais."

            M. Sanglé-Ferrière répertorie 97 articles, qui vont des quatre grandes cloches en bronze (valeur : 6000 F) au moindre vase, en passant par la châsse de Saint-Aré (valeur : 200 F), les vitraux, les 300 chaises et 24 bancs (dont certains appartiennent en propre aux paroissiens), les 18 stalles du choeur (200 F), la tribune (1500 F), le calorifère chauffant (1300 F), un ostensoir, des burettes, des bénitiers, des ornements sacerdotaux...

            L'inventaire se poursuit avec le livre des comptes de la fabrique. Le comte de Dreux-Brézé n'a accepté de donner qu'une copie du dernier exercice : le 13 décembre 1906, les recettes de 1905, principalement alimentées par des rentes et des loyers, sont évaluées à 3518,18 F, et les dépenses (travaux, impôts, assurances) à 2097,04 F. En novembre 1913, après une longue procédure, la somme excédentaire de 1421,14 F est versée au bureau de bienfaisance de l'hôpital. La fabrique possède aussi le Pré de Saint-Aré, un petit terrain où s'élève la chapelle (n° 91 et 93 AD du cadastre), donné par M. Georges Gandoulf et Mme Elisa Quiquandon, veuve Bachemallet.

            Enfin vient le délicat problème du presbytère. Le curé Deplaye avait cédé sa maison sise rue Carnot à la fabrique avec obligation d'en faire le presbytère. Son successeur, l'abbé Lemoine, la trouvant trop exiguë, n'en a pas voulu ; il l'a vendue 8000 F et il a acquis en 1901 un nouveau terrain, face à l'église, sur lequel il a fait bâtir un nouveau presbytère.

            La prise de possession de 1906 n'en est pas une car chaque donateur réserve ses droits, au cas où l'église serait convertie en édifice profane [13]. D'ailleurs, la nouvelle loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat entraîne des glissements sémantiques et juridiques. Pour esquiver les spoliations éventuelles, les donateurs considèrent que leurs dons à la paroisse deviennent des prêts à la commune et ils s'empressent de le proclamer dans leurs réclamations.

 

Détail du retable "Jésus au Jardin des Oliviers".

L'"Education de la Vierge", tableau XIXe s.

        

                                                    Principaux articles :

1          Bénitier d'entrée                                                                                                             classé 

2          Fonts baptismaux, intérieur garni en zinc sur pied scellé en pierre                            100 F

3          Deux confessionnaux mobiles (hauteur 2,10 m, sur 2 m)                                             200 F

4          Un autre confessionnal, mêmes dimensions (réclamé par l'abbé Lemoine)             100 F

5          Chaire à prêcher scellée dans le pilier, surmontée d'un abat-voix avec escalier

            à rampe et sans banc                                                                                                       300 F

6          24 bancs avec leurs dossiers et 300 chaises avec leurs prie-Dieu                            600 F

7          Chemin de croix en toile marouflée, personnages peints avec fonds or, formant

            14 tableaux (réclamés pour plusieurs)                                                                            150 F

8          Deux appliques dorées à deux lumières (réclamées)                                                       1,50 F

9          Un lustre en cristal en face de la Chapelle Saint-Aré, 12 bougies                                   1,50 F

10         Autre lustre de 12 bougies (hauteur 0,75 cm, socle 0,46 cm, réclamé)                       15 F

12         CHASSE de SAINT ARE, en bois doré sur socle                                                        200 F

13         Vitrail de Saint Aré (réclamé par Mme Gandoulf)                                                         100 F

14         Autel portatif en bois peint, avec gradin, retable et tabernacle                                    100 F

15         Garniture de 4 chandeliers en zinc doré et croix de même métal                                100 F

17         Bénitier                                                                                                                                 classé

18         Grille devant l'autel de Saint Joseph, en fer forgé                                                          100 F

19         Autel en pierre avec tabernacle orné de deux degrés en pierre et retable                 100 F

20         Buste en relief dans un médaillon, le tout en pierre

            et représentant M. l'abbé Deplaye                                                                                        50 F

21         Peinture, tableau représentant la Vierge, non signé                                                         60 F

22         Tableau sur toile, cadre doré, sujet : Sainte Anne                                                             60 F

23         Statue de Saint Joseph en plâtre peint et doré                                                                    1,50 F

25         Autel de la Vierge en pierre                                                                                                200 F

28         Statuette de la Vierge en plâtre doré                                                                                     1,50 F

30         Vitrail de la Vierge (réclamé par l'abbé Roy)                                                                   150 F

31         Autel du Sacré-Coeur                                                                                                          200 F

32         Vitrail du Sacré-Coeur                                                                                                        100 F

34         Grille en fer forgé conduisant au choeur par escalier en pierre à double

             révolution                                                                                                                               300 F

35         Trois vitraux rosaces (réclamés par M. Bonnichon)                                                        150 F

36         Vitrail de Saint Pierre (réclamé par l'abbé Lemoine)                                                      200 F

37         Statue de Saint Aré en plâtre, et socle (réclamés par M. Reboulleau)                              2 F

38         Maître-autel mobile en bois avec retable et tabernacle (style Louis XV)                       200 F

41         18 stalles en bois peu ornementées                                                                                   200 F

42         Croix de procession en cuivre doré                                                                                      15 F

43         Ostensoir d'argent avec un pied en cuivre doré                                                                  20 F

54         Six ornements complets, en très mauvais état                                                                  120 F

75         Quatre cloches en bronze (réclamées)                                                                            6000 F

76         Vitrail de Notre-Dame de Lourdes (réclamé par M. de Dreux-Brézé)                           100 F

77         Vitrail de Saint Jean-Baptiste (réclamé par M. de Dreux-Brézé,

            don de Mme Du Prat, sa grand-mère)                                                                                 100 F

78         Tribune                                                                                                                                 1500 F

79         Harmonium mobile                                                                                                                180 F

84         Croix de bois avec le Christ, en face de la chaire                                                             130 F

87         Porte en fer forgé (sacristie)                                                                                                 300 F

90         Calorifère (réclamé par M. le curé et M. de Dreux-Brézé)                                               1300 F

92         Tableau, Notre-Dame du Bon Conseil (réclamé par Mme Reboulleau)                               3 F

94         Tableau, Notre-Dame du Perpétuel Secours (réclamé)                                                         2 F

 

Bénitier XVe siècle.

            L'église et la paroisse au XXe siècle.

            L'évolution de la paroisse Saint-Aré de Decize au XXe siècle a été marquée par deux grandes tendances :

            1° La réduction du nombre de prêtres et l'implication plus grande des laïcs.

            En 1900, la paroisse de Decize était desservie par un archiprêtre assisté de deux vicaires. Chacune des communes voisines, Saint-Léger-des-Vignes, Champvert, Devay, Saint-Germain-Chassenay, Avril... avait son curé. Cent ans plus tard, la circonscription desservie par les deux prêtres qui sont rattachés à l'église de Decize regroupe près de vingt paroisses, ou communes. Les personnels des ordres religieux se sont de la même façon réduits : trois religieuses de la communauté de la Providence de La Pommeraye, installées rue de Faulquière, aident les prêtres dans leurs tâches. Les autres activités cultuelles et le catéchisme sont assurés par des laïcs bénévoles. Cette évolution, commencée dès le milieu du siècle, et encouragée par le Concile Vatican II, s'est accélérée dans les deux dernières décennies et tout laisse à croire qu'elle continuera.

            2° La rénovation de l'église Saint-Aré et la multiplication des bâtiments annexes.

            L'église, considérablement remaniée après 1842, a connu au XXe siècle plusieurs séries de travaux d'embellissement ou de rénovation.

            Une tribune en bois, construite par le charpentier Fort, avait été installée entre le grand portail et deux piliers en 1879. En 1921, la tribune a été aménagée afin de recevoir l'orgue Cavaillé-Coll, acheté un an plus tôt à la famille André.

            Après la Seconde Guerre mondiale, il fallait remplacer les vitraux, gravement endommagés lors des explosions des ponts. Des verrières transparentes ont été placées aux fenêtres, remplacées, de la fin des années 1940 à 1958, par des vitraux historiés modernes.

            Les peintures du choeur et des murs ont été plusieurs fois ravivées. La nef a reçu une décoration en trompe l'oeil : fausses pierres sur les murs et faux marbre sur les piliers.

            Afin de remplacer des chauffages au gaz inefficaces, une importante soufflerie a été installée dans la chapelle de la Vierge. Mais ce chauffage a l'inconvénient de souffler énormément de poussière et il a contribué à salir les plafonds. Il est prévu de le remplacer dans un avenir proche.

            Les travaux les plus importants ont commencé en 1995 :

- restauration de l'orgue ;

- réparation de la charpente et de la toiture du clocher (1999) ;

- réfection d'une partie du toit, afin d'assurer une meilleure étanchéité au-dessus du transept.

 

 

            D'autres tranches sont prévues, mais leur coût obligera les municipalités à les étaler sur une longue période ; il faut  :

- refaire la toiture et le plafond de la nef,

- gratter et enduire à nouveau les murs du choeur,

- repeindre peut-être les chapiteaux du choeur et du transept,

- consolider les décorations extérieures des fenêtres,

- refaire les sculptures du portail nord...

 

            Le presbytère a été construit en 1901-1902. Au début du XIXe siècle, la maison curiale occupait une partie de l'ancien couvent Sainte-Claire. Le curé Henri Deplaye a préféré la laisser à la commune, qui l'a transformée en école, et il a acheté une grande maison (dans l'actuelle rue Carnot). A sa mort, il a légué cette maison à la paroisse. Mais son successeur, le curé Lemoine, a préféré faire construire un presbytère sur l'emplacement de l'ancien cimetière, face au grand portail de l'église. Les transactions financières de la fabrique, la vente de la maison Deplaye, l'ampleur des travaux du presbytère, sa situation au-dessus des remparts ont suscité alors des polémiques avec les éléments les plus anticléricaux du conseil municipal.

 

            En plus de l'église Saint-Aré, la paroisse utilise plusieurs salles pour les réunions et le catéchisme. Une petite salle, serrée entre la nef et les vieux remparts, a longtemps servi de bibliothèque paroissiale et de salle de catéchisme jusqu'à sa destruction, dans les années 60.

            La chapelle Saint-Aré (le long de la route des Feuillats) est encore utilisée pour la messe du traditionnel pèlerinage [cf. plus loin].

            Une salle paroissiale a été construite sur la place du 8-Mai-1945, au faubourg d'Allier. Deux autres salles (séparées par une cloison modulable) et un petit oratoire font face au portail principal de l'église. Ces derniers travaux ont été effectués en 1994.

          

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[1]            Frédéric Girerd, Notice historique sur Decize, p. 5-6.

[2]            Texte déchiffré par M. l'abbé François Montagnon.

[3]            Récit de Besacier, commissaire du greffe de Nevers, recopié par l'abbé Deplaye, repris par F. Girerd, F. Tresvaux de Berteux, J. Hanoteau et M. Merle.

[4]                Cf. Marcel Merle, op. cit., p.96.

[5]                A.D.N., cote 1 Q 605.

[6]            L'Association, 3 mars 1842.

[7]            Le château, propriété du duc de Nivernais, avait été vendu par ce dernier à son homme de confiance, le notaire Pierre Douette, le 21 mars 1778. Par mariage, il est passé à la famille Mouzat, qui l'a vendu au marquis de Raigecourt.

[8]           Le plus grand cimetière de la paroisse s'étendait, avant 1776, à gauche du choeur et le long de l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau, jusqu'à l'emplacement de l'actuel presbytère (construit en 1901) ; on accédait à l'église après avoir traversé le cimetière. A la suite de l'ordonnance royale de 1776, la ville de Decize a installé un cimetière au faubourg Saint-Privé ; le vieux cimetière a été progressivement déblayé.

[9]            Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour qu'un accès soit ouvert tout autour de l'église.

[10]           Cf. Jean Hanoteau, Guide de Decize, op. cit., p. 57 à 59.

[11]          Le culte du Sacré-Coeur, popularisé par sainte Marie Alacoque en 1690, a été étendu à tout le rite romain en 1856 par le pape Pie IX.

[12]         On  appelle fabrique l'organisation civile et financière de la paroisse. Les fabriciens ou marguiliers sont des paroissiens élus ou cooptés, chargé de tenir les compte, de régler les achats, de percevoir les quêtes et donations. Cf. Decize en Loire assise, p. 236-239, fonctionnement de la fabrique de la paroisse Saint-Privé.

[13]           A.D. Nièvre, cote 2 Q 290.

 

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