Marien Paulard le bigame (1846).

 

                "Marien Paulard est un jeune homme de vingt-quatre ans, au teint rose, à la figure réjouie, qui paraît prendre avec beaucoup de philosophie sa position d'accusé. Il y a deux ans, c'est-à-dire alors qu'il en avait vingt-deux, il rechercha une fille de Sougy, qui en comptait plus de trente, qui avait de plus un enfant et un amant, et qui ne demanda pas mieux que de le prendre pour mari. L'enfant mourut, l'amant resta, et le mariage s'accomplit. On ne sait pas ce que dura la lune de miel ; mais cinq mois à peine s'étaient écoulés depuis le jour où un oui fatal les avait joints d'un lien indissoluble, que tous deux s'en déliaient amiablement, partageaient leur mobilier et s'en allaient vivre chacun de son côté, la femme dans les environs de Decize, le mari à Sermoise.

                Deux années s'écoulèrent dans un mutuel célibat ."

 

                Marien Paulard s'éprend alors d'une veuve de 34 ans, "que la nature n'a favorisée ni des dons de la fortune, ni des agréments du visage, qui possède pour tous biens deux enfants en bas-âge". Les deux amoureux se marient en avril 1846. En mai, les autorités judiciaires apprennent l'existence d'une première Madame Paulard ; or le Code Napoléon et l'Eglise catholique proscrivent la polygamie. Le bigame Paulard reconnaît sa faute.

 

                 Le procès se déroule en présence des deux épouses de Marien Paulard, que le journaliste de L'Echo de la Nièvre trouve "laides toutes les deux et toutes deux vieilles, elles ne justifient guère l'ardeur matrimoniale de l'accusé." Un accusé qui est condamné à deux ans d'emprisonnement.

L’Echo de la Nièvre, compte-rendu de l’audience de la Cour d’Assises du 17 août 1846.

 

Cf. Pierre Volut,

Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, p. 79.

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