MARINIERS FORTS EN GUEULE

              Les mariniers sont réputés pour être forts en gueule et les marinières n'ont pas la langue pendue. Hortense Saniez, marinière du bateau Malestrance, est accusée par Virginie Wattiaux, épouse Landrieux (équipage du Bidel) de l’avoir traitée ainsi que son époux de « vaches, putains, voleurs, fumiers, pourris… », d’avoir ajouté : « ton mari est un cocu… si tu descends à terre, je t’assomme… » Le juge repousse le jugement à quinzaine, afin de trouver des témoins.

             Mais, à l’audience suivante, il retrouve Virginie Wattiaux qui, cette fois, est elle-même accusée d’avoir injurié Gabriel Monnerat, marinier à bord de l’Armançon : « Salopiau, blanc-bec, trou du cul… il aurait mieux fait d’aller défendre son pays et il porte des insignes militaires qu’il n’a pas gagnés. » En revanche, plusieurs témoins disent que Monnerat a commencé la querelle en prétendant : « S’il n’y avait pas tant de monde, je vous foutrais à l’eau tous les deux, je vous reverrai, je vous ferai manger tout l’argent que vous avez gagné pendant la guerre… » Monnerat est condamné aux dépens.

              Landrieux gagne un autre procès contre le charretier Joseph Combrez, non pas pour une affaire d’insultes, mais à propos de remorquage et de foin fourni aux ânes.

              Il n’est pas facile de travailler avec des gens aussi susceptibles, aussi imprévisibles que ces mariniers. La Société des Sables et Graviers poursuit le marinier Jean Michel, qui s’est engagé à conduire le bateau Le Plâtre Journot à Clamecy avec un chargement de sable. Le sable est livré, mais Michel abandonne le bateau à Clamecy au lieu de le ramener à Decize. Le constructeur de péniches Saintoyen doit faire prononcer une saisie-arrêt pour se faire rembourser 507 francs que lui doit le marinier Bédier…

 

Cf. Justice de Paix de Decize

et Pierre Volut,

Decize et son canton autour de la Seconde Guerre mondiale, pp. 98-99.

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