"On est bien en prison, on y mange de la soupe grasse ! "

 

                Michel Simon, 23 ans, natif d'Avril-sur-Loire, est attablé au cabaret de Chevenon, le 30 septembre 1865 ; en compagnie de Pierre Coulon, 19 ans, il boit bouteille après bouteille. Vient un moment où la cabaretière, la dame Rignault, refuse de leur servir toute autre boisson, car les deux hommes paraissent ivres. Ils sortent en maugréant. Quelques mètres plus loin, ils ont trouvé une nouvelle occupation : ils mettent le feu à une grange qui appartient au fermier Seguin.

                Quand on les arrête, Simon proclame : "On est bien en prison, on y mange de la soupe grasse !" La cour d'assises le condamne à dix ans de travaux forcés, et il aura la perspective d'être conduit en Guyane, où la soupe est moins grasse...

 

                La prison est l'ultime refuge des vagabonds. Longtemps après Michel Simon, un certain Robert Foyer, "désespérant d'être admis dans un hospice pour y finir ses jours, avait mis le feu afin d'aller en prison, où il serait au moins à l'abri du besoin." Au hameau des Loges, sur la commune de Luthenay-Uxeloup, plusieurs bergeries ont brûlé, jusqu'au jour où les gendarmes ont arrêté Robert Foyer, 77 ans, indigent et infirme, incendiaire par misère et par désespoir...

 

Le Journal de la Nièvre, 13 novembre 1865 et 20 février 1890.

Cf. Pierre Volut, Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque,

ch. II-6, p. 80.

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