UNE PARTIE DE CHASSE QUI FINIT MAL

               Le 20 avril 1791, Joseph Chapelain, meunier à Cercy-la-Tour, vient au tribunal de Decize pour témoigner d’un accident tragique. Le lundi 7 mars précédent, son fils Jacques, âgé de 14 ans, est allé à la chasse malgré l’interdiction de sa grand-mère Gabrielle Bertrand. Le jeune homme est parti avec le cordonnier Lardereau. Les deux chasseurs avaient chacun un fusil chargé de gros plomb. Revenu chez ledit Lardereau, Jacques Chapelain entreprend de décharger son fusil ; c’est alors que Lardereau le met en joue, peut-être pour plaisanter. Lardereau tire deux fois ; le premier coup manque Chapelain, le second l’atteint à la cuisse. L’adolescent meurt une heure plus tard. Le chirurgien constate que les veines de la cuisse ont été sectionnées. Le père Chapelain dit qu’ « il ne sait pas quels motifs ont porté Lardereau à tuer son fils », mais il pense que le meurtre a été prémédité et il termine par ces mots : « Nous requérons ce qu‘il appartiendra à la vindicte publique ».

 

               En février 1792, François Lardereau bénéficie d’une lettre de rémission signée par le roi Louis XVI ; celui-ci lui pardonne et lui fait grâce de toute peine aux motifs que le meurtre de Jacques Chapelain pourrait bien être la conséquence d‘une imprudence ou de la fatalité. Lardereau a de la chance : quelques mois plus tard, le citoyen Capet sera privé de tout pouvoir et cette tradition judiciaire monarchiste dénoncée comme un abus intolérable.

 

Cf. Pierre Volut,

Decize, le Rocher et la Révolution, 1990, et version C.D. 2005.

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