Pierre Maltat, vagabond et querelleur (1795-1799).

 

Première arrestation à Bourges.

             Le 19 Floréal An IV, le tribunal correctionnel de Bourges inflige six mois d’emprisonnement à Pierre Maltat, « se disant vivant de son revenu, domicilié à Marcilly, département de la Nièvre , prévenu de voyager hors de son canton sans être muni d’un passeport conforme à la loi du 10 Vendémiaire An IV ». Pierre Maltat est également condamné aux dépens de son procès.

 

Seconde arrestation à Saint-Léger-des-Vignes.

             Le 30 Thermidor An IX, on retrouve ce Pierre Maltat à Decize et Saint-Léger. Il se présente, en compagnie de sa femme, à l’auberge du citoyen Tixier, près du pont d’Aron, et demande à coucher. Tixier lui répond qu’il ne loge pas mais que, tout près de là, à la Charbonnière, il trouvera une autre auberge. L’individu se répand en propos contre Tixier et le menace de lui passer son couteau dans le ventre et de mettre le feu à sa maison.

            Cette querelle ne lui suffit pas. Maltat insulte trois femmes dans la rue. Puis il se rend au cabaret de Gilbert Bouquin, commande une bouteille de vin, s’échauffe et insulte toute la compagnie. Le garde forestier Charles Barbier, François Perruchot et René Gagnon maîtrisent l’énergumène et le conduisent chez le maire de Saint-Léger Nicolas Holdrinet. Maltat refuse de présenter son passeport et il injurie le maire « en lâchant les plus grandes invectives, il a répondu qu’il se f… de nous, que nous ne savions pas notre métier, que nous ne nous occupions que de manger les deniers de la République et que nous étions un f… gueux. »

            Sur ordre du citoyen Holdrinet, le brigadier Journet et le gendarme Saule conduisent Maltat à la maison de dépôt de Decize. Le registre d’écrou porte la mention suivante : « nous l’avons écrié comme erent es vacabon voüagent cent un passepor [sic] ». Il est ensuite transféré à Nevers, en attendant son procès.

            « Le 8 Fructidor An IX de la République Française Une et Indivisible, heure de neuf du matin, nous Claude Coquille, l’un des juges du tribunal civil de première instance du 3e arrondissement de la Nièvre, avons fait extraire de la maison de dépôt de cette ville et amener devant nous en la salle du jury d’accusation le nommé Pierre Maltat, propriétaire, demeurant dans la commune de Beaune près de Courtenay département du Loiret , âgé de 52 ans… »

             Il est accusé de voyager sans passeport. Il prétend qu’il possédait bien un passeport, mais qu’il avait dû le remettre à la gendarmerie. Il explique son énervement et les insultes par la querelle qu’un individu - qu’il se garde bien de nommer ou de décrire - aurait provoqué en lui donnant un coup. Maltat est parti de chez lui depuis environ un mois ; voyageant avec sa femme, il se rendait à Corbigny. Le juge Coquille met le procès en suspens afin de vérifier les dires de Maltat ; celui-ci retourne en prison.

NOTES :

             Il y a un bien un hameau nommé Marcilly sur la commune de Cervon, près de Corbigny.

             S’il a dit vrai, Maltat résidait à Beaune-la-Rolande, commune qui n’est pas tout près de Courtenay, ou plutôt au hameau des Dornets, situé à 5 km de Courtenay (dans le département de l’Yonne). Mais était-il possible de le croire ?

 

Cf. Pierre Volut, Sud-Nivernais, 1991,

et Decize, le Rocher et la Révolution, version C.D., 2006.

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