Tribulation des Chinois à La Machine.

Les Chinois agressés et agresseurs.

A La Machine, le Chinois Tchen Fou-Tcheng est blessé de plusieurs coups de couteau par le dénommé Lauvernay . Cette agression n'est pas la première ; il semble que dès leur arrivée les Chinois aient eu à souffrir d'actes racistes à répétition, de la part des Français, mais aussi de la part de militaires américains.

 

Mais certains fils du ciel sont des joueurs invétérés ; parmi eux, il y a des tricheurs et des mauvais perdants qui savent aussi manier les armes à feu. Au Camp des Glénons, une bagarre éclate entre Tsouo Ting Piao, ouvrier à la tuilerie Redon de Thianges, et le mineur Ouang An Tcheng. Le premier nommé abat son adversaire à coup de revolver Browning. Il s’enfuit, en laissant derrière lui huit douilles de revolver .

 

Une fumerie d'opium et un casino clandestin à La Machine.

Deux Chinois, Ly Pao Tsieng et Ly Tieng Tang (ou Ly Kien Choang) sont arrêtés par la gendarmerie le 31 juillet 1930. Dans une chambre de la Cité des Glénons, à La Machine, ils avaient organisé une fumerie d'opium pour leurs compatriotes . En plus des fumeurs d'opium, le local était fréquenté par Suzanne Marquis, pensionnaire de la maison de tolérance.

Le commissaire responsable de la Sûreté Générale à Nevers prend l'enquête en mains et il remonte la filière, ce qui nous permet de connaître les antécédents des deux délinquants : Ly Pao Tsieng est né le 10 août 1885 à Fi Hsien (Chine) ; il a été embauché aux mines de La Machine le 13 mai 1929 ; auparavant, il résidait à Issy-les-Moulineaux ; il a été déjà condamné deux fois pour avoir tenu une fumerie d'opium et il est sous le coup d'un arrêté d'expulsion en date du 16 novembre 1929 (la direction des mines n'a pas vérifié assez soigneusement ses papiers). Son comparse, Ly Kien Choang, né en 1889 à Pékin, est arrivé plus récemment à La Machine, le 10 juin 1930 ; auparavant, il était serveur dans un restaurant chinois du boulevard Saint-Michel, à Paris. Ly Kien ne travaille plus, il prétend vivre de ses économies.

Le 6 août, un autre Chinois, manoeuvre à Imphy, résidant en France depuis 13 ans, est arrêté. Song Wai Tsai, né le 8 février 1896 à Tong Mio, a travaillé successivement à Toulon, Lyon, Roanne, La Fère, Coucy-le-Château et Paris. On a trouvé sur lui 50 grammes d'opium ; il est écroué à Nevers.

Dix jours plus tard, les gendarmes interpellent deux autres ouvriers des aciéries d'Imphy : Ko Chang Fou, 38 ans, et Chouo Son Fung, 31 ans, rejoignent leurs compatriotes en prison. Le premier était possesseur de 5,80 grammes d'opium, le second de 3,75 grammes. D'où la drogue provenait-elle ? Aucun des cinq prévenus n'est très bavard, ils se contentent d'indiquer Marseille.

"Une personne digne de foi qui tient à conserver l'anonymat" (peut-être s'agit-il de la prostituée mentionnée plus haut, qui servait d'indic) apporte à la police une enveloppe trouvée dans le cantonnement chinois de La Machine. L'adresse est reconnue comme étant celle du fournisseur : M. Shu Stu Hoa, 15 montée du Saint-Esprit, Marseille, Bouches-du-Rhône.

Il ne reste plus au commissaire qu'à transmettre le dossier à ses collègues marseillais, via le ministère.

 

Les ouvriers polonais Antoni Kosinski et Maciei Kiarszys tiennent un tripot d'un autre genre. Chez eux on joue de l'argent. Ils se retrouvent aussi en prison à la fin de la même année .

Paris-Centre, 28 novembre 1919.

La Croix du Nivernais, 13 février 1927.

La Tribune du Centre, 7 août 1930 et dossier série M, Cabinet du Préfet, direction de la Sûreté Générale, documents n°777,798 et 919.

La Tribune du Centre, 16 octobre 1930.

Cf. Pierre Volut, Decize et son canton autour de la Seconde Guerre mondiale.

 

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