UN CONFLIT SOCIAL AUX PLATRES JOURNOT

 

La Grève des ouvriers mineurs, pileurs et plâtriers.

              Ils se sont constitués en syndicat et réclament de meilleurs tarifs (La Tribune Républicaine, 23 décembre 1905).

 

Incendie criminel chez M. Journot.

              Les ouvriers plâtriers de M. Pierre Journot sont en grève et certains seraient prêts à passer à l'action violente !

              Deux d'entre eux, Jean Cuisinat, 28 ans, et Pierre Bardot, 37 ans, ont d'abord menacé de tuer leur patron, ils ont ensuite pénétré chez lui, ils ont arrosé de pétrole le sol de deux chambres et ont mis le feu. Leurs gestes criminels ont été vus et dénoncés par Berthe Testu, 17 ans, une enfant de l'Assistance Publique employée comme bonne chez M. Journot (Le Nivernais, 31 décembre). D'autre part, 18000 fagots ont brûlé dans un dépôt appartenant à M. Journot. Selon d'autres versions, Berthe Testu serait névrosée et son témoignage révélerait des contradictions. L'enquête a été confiée au juge d'instruction M. Tortat (La Tribune Républicaine, 30 décembre). Bardot et Cuisinat prétendent être victimes du zèle exagéré des gendarmes et des magistrats (La Tribune Républicaine, 7 janvier 1906). Le groupe socialiste accuse la presse de droite d'avoir attribué sans preuve l'incendie aux ouvriers grévistes (La Tribune Républicaine, 9 janvier 1906).

 

              La grève continue une grande partie de l'année 1906. Il y a alors quatre entreprises de plâtre à Saint-Léger et Sougy : Journot, Damon, Lecoeur et Narboux.

              Des négociations entre ouvriers grévistes et employeurs sont organisées le 10 février sous le contrôle du juge de paix de Decize. Le 18 février, le travail reprend chez Lecoeur et Damon. Les patrons et les employés ont signé un accord. M. Narboux a aussi signé, mais il a mis des restrictions. Quant à M. Journot, il a refusé de participer aux négociations.

(La Tribune Républicaine, Le Nivernais, L‘Observateur du Centre).

              Les ouvriers pileurs travailleront désormais 10 heures par jour pour un salaire de 3 F auquel s'ajoute une prime d'1,75 F par centaine de sacs. Les mineurs obtiennent la suppression de la retenue d'assurance, ce qui leur assure un gain de 20 F par mois. Les trois entreprises signataires augmentent leur main-d'oeuvre par absorption d'une partie des ouvriers de l'usine Journot. Chez Journot, un personnel nouveau a été embauché ; la mine est toujours paralysée par la grève, mais l'entreprise dispose de stocks assez importants (Le Nivernais, 18 février 1906).

             Quelques jours plus tard, une bande d'ouvriers grévistes vient débaucher les ouvriers de l'usine Lecoeur. Cet arrêt de travail est éphémère. L'activité des usines à plâtre reprend. Il y a alors 30 mineurs chez Lecoeur, 24 chez Journot, 15 chez Narbout (à La Machine, les houillères en comptent 683, Le Nivernais).

 

            Quelques mois après cette grève, M. Pierre Journot meurt. Il a été très affecté par le décès de ses deux enfants, par l'incendie de décembre 1905 et par les mouvements de contestation de son personnel. Il avait 68 ans. (Le Nivernais, 19 août 1906).

Cf. Pierre Volut,

Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, p. 288.

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