UNE DECIZOISE DANS LA BANDE A BONNOT :

 

            Rivalisant de vitesse avec les aviateurs, il y a les automobilistes. Et certains sont obligés d'aller très vite : ce sont les bandits en auto, les dangereux anarchistes Jules Bonnot, Raymond Callemin, Garnier, Dieudonné, Valet et leurs comparses, ceux que la grande presse a nommés la Bande à Bonnot. La police parisienne tue Bonnot le 28 avril 1912 à Choisy-le-Roi, après un assaut très dur. Valet et Garnier sont tués le 14 mai. Quatre complices sont condamnés à mort. D'autres reçoivent des peines de prison et de travaux forcés .

            Des femmes ont été liées à ces anarchistes : Rirette Maîtrejean, directrice de la revue L'Anarchie, Marie Vuillemin, Barbe Leclech. Le tribunal les a acquittées. Une jeune fille née à Decize, Anna Dondon, "petite brunette aux cheveux de jais plaqués sur un front sévère, au regard hardi, à l'allure décidée" était la maîtresse de Valet. Après l'extermination de la bande, elle a disparu.

            Ses parents n'habitaient plus Decize depuis plusieurs années. Le père Dondon était vannier à Clermont-Ferrand. Anna est montée à Paris, elle est revenue à Clermont-Ferrand en 1910 avec un ouvrier typographe, puis elle est repartie dans la capitale l'année suivante, où elle a été repérée plusieurs fois par la police. Libertaire militante, elle a certainement fréquenté le phalanstère anarchiste de Romainville et le journal L'Anarchie. Elle a suivi Valet et Bonnot quelque temps avant de les avoir abandonnés au moment où ils étaient traqués (Le Nivernais, 19 mai 1912). Les gendarmes nivernais mettent fin à la cavale d'un autre bandit nommé Léon Valet, né à Verdun en 1890 ; il n'était pas, semble-t-il, membre de la fameuse bande à Bonnot, comme son homonyme et Anna Dondon (La Croix du Nivernais, 2 juin).

 

            Quelques mois plus tard, trois émules de Bonnot, originaires de Saint-Léger-des-Vignes, volent une voiture dans un garage de Saint-Ouen (Seine). Le veilleur de nuit, Moreau, essaie de les en empêcher : il reçoit plusieurs coups de revolver, dont un dans le ventre, et treize coups de couteau (La Croix du Nivernais, 27 octobre).

 

            A Paris, le dénommé Elie Coneuf, originaire de Lucenay-les-Aix, assassine d'un coup de hachette son patron, M. Querfeldt, marchand de filtres, rue de Rivoli ; puis il se suicide (La Croix du Nivernais, 12-5).

 

Cf. Paul Gordeaux, La Bande à Bonnot, Editions France-Soir-Scoop, 1952 et Minerva, J'ai Lu, 1970. Parmi les comparses de Bonnot figuraient un typographe - le premier ami d'Anna ? - Deboé ; il s'est évadé du bagne de Guyane, il s'est fixé en Belgique et a fondé un foyer. Un autre anarchiste, Kibaltchiche, a purgé sa peine et s'est consacré à l'histoire et à la littérature sous le pseudonyme de Victor Serge..

Cf. Pierre Volut, Decize et son Canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque.

 

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