VAGUE DE FROID A DECIZE EN 1956

            « Ordinairement, on frappe avant d’entrer. Le froid, lui, ouvre la porte et s’installe chez vous. Il n’y a plus qu’à sortir pull-over, mitaines, et à s’apercevoir que le tas de charbon est bien mince. Enfin, on s’équipe et, alors qu’on regarde d’un œil triste ce qui reste du beau géranium qu’on a oublié de rentrer, on pense subitement que le robinet du jardin n’a pas été vidangé. Sur la route passent des autos au nez couvert d’un journal. D’autres moins fières sont halées par un câble. Hier dans la grande rue un limonadier transportait des caisses de bière congelée. Heureux ceux qui possèdent un frigidaire ! En le faisant tourner à l’envers, cela donnera un peu de chaleur. En attendant tout le monde fait une drôle de tête. Sauf, bien entendu, le plombier qui a déjà recensé ses baguettes de soudure pour le jour où, un peu partout, tout se mettra à gicler. On comprend mal que le Général Hiver ne soit pas rayé des cadres depuis longtemps . »

Le Journal du Centre, samedi 4 février 1956. Il faisait alors -14° à Decize. Cette année-là, le grand froid a duré plus de deux mois et tué 120 personnes en France.

Article de Djim (Henri Dimanche), correspondant à Decize du Journal du Centre.

 

Cf. Pierre Volut, Decize et son canton autour de la Seconde Guerre mondiale.

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