WESTERN A DIENNES-AUBIGNY

 

             Diennes-Aubigny est un village paisible. Pourtant, le 2 mai 1936, les villageois ne comprennent pas. Pourquoi M. Dauteloup a-t-il été tué à bout portant de trois balles de fusil de chasse par le bûcheron Etienne Chandelier, que certains voisins présentent comme un brave gars et d'autres comme "une sorte d'ours mal léché" ? S'agit-il d'une vengeance? Chandelier, qui braconnait de temps à autre, était-il menacé d'une dénonciation par M. Dauteloup ?

             Ces questions restent sans réponse car Chandelier, cerné par les gendarmes de Saint-Benin-d'Azy quelque temps après son crime, a engagé une fusillade avec eux. Le gendarme Sigorel a été atteint par une balle, mais il a eu le réflexe de tirer à son tour et Chandelier s'est écroulé, une balle dans la tête ; le meurtrier ne pourra pas expliquer les mobiles de son acte.

 

            L'entre-deux guerre est une période historique d'une rare violence. Ces faits divers, même s'ils frappent l'attention, parce qu'ils sont proches, ne constituent qu'une très faible part de la violence diffusée par la presse : le discours politique mêle invectives, diffamations, menaces contre les adversaires ; l'actualité internationale n'est faite que de violations des droits des peuples, de coups d'Etat (en Allemagne, en Europe de l'Est, en Espagne ou en Amérique Latine), d'assassinats de chefs d'Etat (en France le président Doumer, le ministre Barthou et le roi Alexandre de Yougoslavie), de massacres (en Chine, en Ethiopie, en Espagne...)

            La violence - toujours condamnable - devient encore plus imbécile quand elle est exercée contre un malheureux animal (et les campagnards connaissent ces vengeances entre voisin) : líâne appartenant à M. Butin, propriétaire de líHôtel de la Gare, a le jarret tranché. Il doit être abattu . (La Croix du Nivernais, 18 août 1929).

 

 

Cf. Pierre Volut, Decize et son canton autour de la Seconde Guerre mondiale.

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