LA PREMIERE FETE D'AVIATION DE DECIZE (1912)

 

              La conquête des airs est à la mode. Après les envols de montgolfières et les passages de dirigeables, le public raffole des aéroplanes. Une fête et une souscription sont organisées à Nevers pour permettre l'achat d'un engin volant qui doit être baptisé La Nièvre (Le Nivernais, 10 mars 1912).

              Du 14 au 18 août 1912, la ville de Decize organise un grand meeting d'aviation au Gué du Loup, où un terrain a été aménagé ; un hangar a été monté rapidement pour abriter les précieux engins, les réserves de carburant, les pièces de rechange. Une subvention de 100 francs a été votée par le conseil municipal, à laquelle s'ajoutera une rallonge de 500 francs. Le tout nouveau Comité permanent d'Initiative et des Fêtes de Decize se charge d'attirer les aéronautes, le public et les officiels. La société du chemin de fer P.L.M. a même prévu une navette entre Decize et Cercy-la-Tour.

              La fête rencontre un succès populaire. Trois sociétés de musique sont mobilisées. Le général Gautheron, le docteur Petit et le docteur Régnier président les festivités. Malheureusement, les évolutions prévues le premier jour sont de courte durée : l'aviateur Maïcon, annoncé depuis Vichy, se décommande ; et son confrère Grazzioli, qui est bien là avec sa drôle de machine, s'envole du Gué du Loup, traverse la Loire et retombe dans un pré le long du canal latéral ; l'hélice est pulvérisée, l'avion n'est pas trop endommagé, le pilote est indemne.

              Le jour suivant, l'aviateur Maïcon effectue deux beaux vols de dix minutes chacun, au-dessus de Decize, de Brain, de Saint-Privé, de Germancy. Le dimanche, Grazzioli qui a réparé sa machine fait une nouvelle tentative, mais la malchance le poursuit. L'avion se pose dans un pré de la ferme des Simons, il capote au décollage et casse son hélice. Une quête improvisée permet de réunir 380 F qui sont offerts au pilote Grazzioli. Son collègue Maïcon le prend à bord de son biplan. Il virevolte autour de Decize et, lui aussi, il pique du nez au décollage. Le premier meeting d'aviation de Decize s'arrête là, d'autant plus qu'un violent orage éclate. Heureusement pour la postérité, une série de photos a été prise avant l'averse par M. Lecoeur Fils : l'homme volant Maïcon est devant son biplan, entouré par le général Gautheron, MM. Régnier, Petit et Champeau .

              Le beau temps revient vite et la fin de la journée est consacrée à des évolutions moins risquées. Sur la Loire glissent la gondole du docteur Dejean et d'autres embarcations parmi lesquelles se faufile un trois-mâts (Le Nivernais, 28 juillet et 25 août).

              Pendant ce temps-là, les Machinois se contentent d'une conférence de M. Roy, professeur au lycée de Nevers sur... l'aviation. Et ils ont la chance d'apercevoir dans leur ciel un autre aéroplane, celui du lieutenant de Malherbe, venant du camp d'Avord et se dirigeant vers Châlons-sur-Marne (Le Nivernais, 1er septembre 1912).

 

Cf. Pierre Volut,

Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, p. 359.

Cf. Mémoire en Images, Decize et ses environs, par Gérard Bidolet et Christian Chariot, éditions Alan Sutton, 1997.

 

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