BAGARRES DANS LES CABARETS

1919-1930

 

Le "meurtre" de La Machine.

              Le 29 octobre 1920, plusieurs incidents opposent des mineurs nord-africains. Les dénommés Medjoub et Aoudia, après un abus d'alcool, se disputent une première fois dans le cabaret tenu par l’un de leurs compatriotes, Mohamed Kodja. Celui-ci les expulse ; la querelle continue dans la rue ; plusieurs témoins les voient se rouler par terre dans la rue de la Misère. Benoun Mohamed affirme que Aoudia a été blessé de deux balles de revolver et il l'a entendu crier : "canaille, tu m'as tué !"

              En février 1921, l'affaire est jugée par la Cour d'Assises de la Nièvre. Medjoub est acquitté. Il n'a jamais tiré au revolver sur Aoudia, mais il l'a frappé au moyen d'un pieu. Le tribunal estime qu'il était en état de légitime défense, car son adversaire l'avait brutalisé auparavant. Quant au témoignage de Benoun Mohamed, il est rejeté ; en effet, Aoudia loge avec lui...

              On retrouve Medjoub dans une autre rixe deux ans plus tard.

La Tribune, 21 février 1921.

Des cabarets mal famés.

               La première affaire rapportée par la presse se produit à Saint-Léger-des-Vignes, dans le cabaret de Mme Chassagnon : le marinier A... assomme l'Américain Claude F... M... d'un coup de bouteille au front .

               Quelques jours plus tard, la répression s'abat sur plusieurs propriétaires de débits de boisson, coupables d'avoir fermé leurs locaux après l'heure légale. M. Vaillant, cabaretier à Champvert, et Mme Marin, qui tient un bal au lieu-dit Les Caillots, doivent acquitter de lourdes contraventions.

Paris-Centre, 15 mars 1919. Dans cette affaire la presse ne publie que les initiales des protagonistes ; lorsqu’il s’agit d’ouvriers étrangers, ces précautions n’existent plus…

 

               Une bagarre éclate dans le débit de boissons que tient Mme Marie Meunier, avenue du 14-Juillet. Elle oppose un groupe d'Algériens, ouvriers des mines, et des clients français. Louis Guillaumin, 23 ans, est atteint de deux balles de revolver, il a eu l'intestin perforé et se trouve dans un état grave ; un Algérien a reçu deux coups de couteau. Les gendarmes arrêtent Adjali Mohamed Ben Rabat, 20 ans, manoeuvre à La Machine. cet individu se trouvait en possession d'un revolver et d'un couteau .

La Croix du Nivernais, 21 mars 1926.

 

               Le propriétaire du café Boué, avenue du 14-Juillet à Decize, mécontent de deux jeunes gens, employés des aciéries d'Imphy, qui provoquaient du scandale dans son établissement, les assomme avec une "charbonnette". L'un des deux jeunes gens est dans le coma .

Le Socialiste Nivernais, 24 décembre 1921.

 

               Le café Lesieur, à Fleury-sur-Loire, est le théâtre d’une rixe entre des ouvriers de la société Les Kaolins de France. L’Algérien Mohamed Mohouss offre une tournée générale. Puis, il demande à Louis Bathelier (34 ans) d’offrir à boire à son tour. Bathelier refuse, le ton monte, les deux hommes se battent. Mohouss s’effondre, le crâne fracturé. Il décède peu après. Son meurtrier, Bathelier, est un homme réputé dangereux ; il vient d’effectuer six mois de prison pour violence : au début de la même année, il a tué sa femme lors d’une querelle de ménage .

La Tribune du Centre, 5 janvier 1926 et La Croix du Nivernais, 13 décembre 1926.

 

               Hadj Mohamed Saïd Ben Hacen, 16 ans, sujet algérien travaillant aux mines, est trouvé mort, atteint d'une balle de revolver au coeur, sur le seuil du débit tenu par son père, rue des Bonnets à La Machine. Une enquête est confiée à la gendarmerie .

L’Observateur du Centre, 19 mai 1922.

 

               Les Italiens Giuseppe Ricardi et Chudy échangent des coups de couteau à Decize, sur la Place Saint-Just , des Algériens se battent avec des bouteilles dans un bar de La Machine.

La Tribune du Centre, 25 janvier 1930.

 

               Une altercation après boire se termine comme au far-west. M. Roy, gardien de l'usine de boulons Picard, tire au pistolet sur M. Vèvre, charretier. La balle traverse l'estomac et perfore l'intestin .

L’Observateur du Centre, 3 juillet 1920.

 

                                          Cf. Pierre Volut, Decize et son canton autour de la Seconde Guerre mondiale, ch. I-8, pp. 93-94.

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