Bouilleurs de cru et coups de bâton (1853).

 

            "Etienne Bréfort et Germain Lavalette, son beau-fils, tous deux charrons à Rouy, comparaissent sous l'accusation d'un crime fort rare dans ce pays.

            On sait que la cherté excessive du vin a donné l'idée à beaucoup de personnes de profiter de l'abondance des fruits pour les convertir en boisson [1]."

            A Rouy, les agents des contributions ont remarqué qu'une grande quantité de cidre avait été fabriquée. Ils décidèrent de tendre un piège à Bréfort et Lavalette, les deux principaux vendeurs de cidre. "Ils s'embusquèrent dans la nuit du 24 au 25 septembre [1853], et ne tardèrent pas à voir deux hommes s'avancer, roulant une feuillette [2] devant eux".

            Un agent, le sieur Troncin, interpelle Bréfort. "Au lieu de lui répondre, Bréfort s'arma d'un bâton pour l'en frapper. Au même instant, Lavalette lui lançait une pierre qui l'atteignait à la tête, perçait son chapeau et lui faisait une assez grave blessure. Bréfort, de son côté, lui portait un coup de bâton sur le côté de la tête."

            Les deux délinquants sont arrêtés peu après. La cour d'assises les condamne à six mois d'emprisonnement (Bréfort) et à un an (Lavalette, coupable de coups ayant entraîné une blessure grave).

 

Cf. Pierre Volut,

     Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, pp. 79-80.

 

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SOMMAIRE

 

[1]   Le Journal de la Nièvre, 24 novembre 1853.

[2]   La feuillette est un tonneau dune contenance denviron 120 litres.