LES LOUPS REVIENNENT

 

            "Hier après-midi [23 janvier 1845], deux énormes loups se sont introduits dans un pâturail dépendant de la terre de Villecourt, appartenant à M. Hocquet, et se sont précipités sur un troupeau qui y paissait sans gardiens. Ils eurent bientôt porté la dévastation et le carnage au milieu de ces timides animaux, dont six furent dévorés et plusieurs autres blessés.

            Le dommage eût été beaucoup plus considérable si, sur ces entrefaites, deux bûcherons ne fussent survenus et leur eussent fait prendre la fuite. M. Hocquet, accompagné de ses gardes et de ses domestiques, fit aussitôt une battue dans un taillis où l'on supposait qu'ils s'étaient réfugiés, mais malheureusement on ne put les découvrir ."

(L’Echo de la Nièvre, 24 janvier 1845).

 

           Cette menace n'est pas isolée. Le premier octobre précédent, un loup a surgi dans les rues de Cercy-la-Tour ; pris en chasse par des chiens, il est entré, par une fenêtre, dans la grande salle de l'Hôtel de la Réunion, situé sur le quai ; le propriétaire a réussi à le tuer, mais l'animal a causé d'importants dégâts dans l'hôtel. Le 19 décembre, un loup s'est fait prendre une patte dans un piège à Imphy. Il s'est précipité dans la Loire, avec le piège. Il a été vu près de Chevenon, et il a disparu définitivement dans les bois .

(L’Echo de la Nièvre).

 

            En juillet 1864, le sud du Nivernais est dévasté par un loup énorme, qui fait des dégâts considérables entre la Loire, Fours et les premières pentes du Morvan. Ce n'est pas la bête du Gévaudan, la population des campagnes l'a nommé le loup Caud. Il a tué des vaches et des chiens de chasse et se dérobe aux chasseurs. Dans le hameau du Magny, commune de Fours, le loup égorge quatorze oies. C'est ce qui va le perdre. M. Lacroix, garde particulier de Mme de Pommereu, a l'idée d'empoisonner la dépouille d'une de ces oies ; il la dépose à l'endroit où elle a été tuée. Quelques heures plus tard, attiré par l'oie en décomposition, le loup Caud vient ronger les restes du volatile et il meurt sous l'effet du poison .

(Le Journal de la Nièvre, 12 juillet 1864).

Cf. Pierre Volut,

Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, p. 87

SOMMAIRE

*****

 

 

 

 

 

 

 

 

"