LE LIEUTENANT CRIMINEL ET SES SERVITEURS (1718)

 

           Pierre Alixand est lieutenant criminel du bailliage. A ce titre, c’est lui qui sanctionne les délinquants et les criminels ; avec lui, dura lex sed lex. Mais il arrive aussi que le juge se retrouve au banc des accusés…

           Marie-Anne Jolivet est l’une de ses servantes. Le 22 juin 1718, elle accouche d’un enfant naturel ; à qui essaie-t-elle d’attribuer la paternité de son bébé ? A son maître qu’elle accuse de « débauche et séduction ». Pierre Alixand se défend : la plainte déposée par la servante est « fausse est calomnieuse » et contre son honneur de juge. « Cette malheureuse prostituée » est animée par « l’impulsion de gens qui ont entretenu avec elle son mauvais commerce et en haine de ce qu’ayant esté chassée de la maison du suppliant à cause de la mauvaise conduite qu’elle a ensuite continuée à Nevers… »

            Alixand nie toute responsabilité ; il met en demeure la jeune femme de prouver qu’il a pu la séduire ; par contre, il cite des témoignages de la débauche publique de Marie-Anne Jolivet. Les juges condamnent cette dernière à cinq livres d’amende pour avoir calomnié leur collègue.

            On peut toutefois s’étonner que Pierre Alixand n’ait pas mieux choisi ses domestiques: après cette Marie-Anne Jolivet, il va embaucher Louis Guitton, qu’il fera condamner à la pendaison pour un vol commis dans sa maison.

 

Cf. Pierre Volut, Decize en Loire assise, ch. XV.

SOMMAIRE

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