LE SOLDAT ETRANGLEUR (23 Juillet 1904)

 

               Le samedi 23 juillet 1904, Mme Jeanne Ducreux, née Lecourieux, vaque à ses occupations quotidiennes dans son domicile de Saint-Léger. Elle habite près du Rio des Crottes, à l'extrémité du village. La vieille dame est septuagénaire, elle est quasiment sourde. Son mari travaille à l'usine à plâtre de Sougy.

               Soudain, Mme Ducreux se trouve nez à nez avec un soldat. Il est venu cambrioler la maison et ne s'attendait pas à être surpris. Il se jette sur la vieille dame et l'étrangle avec un mouchoir, avant de prendre la fuite. Quelques voisins l'ont aperçu, mais ils n'ont pas pu l'identifier: il était masqué par la visière de son képi. Néanmoins, on a signalé son absence de la caserne d'Auxonne.

                Le lundi 25, à 4 h 10 de l'après-midi, le gendarme Jeandot arrête le soldat Robinot à l'écluse du canal latéral près de Garnat (Allier). "Son entrée en ville vers 6 heures avait attiré la foule qui, au passage, huait le misérable. Il fut enfin enfermé et gardé à vue dans la chambre de sûreté de la gendarmerie."

 

                Alfred François Rabinaut (et non Robinot, ou Robineau, comme son nom a d'abord été orthographié) était né dans la Sarthe le 28 avril 1880. Enfant naturel, son éducation avait été négligée. A la suite de quatre condamnations, il avait été envoyé aux Bataillons d'Afrique, à Gabès. Sa bonne conduite lui avait permis d'être muté au 10e R.I. en garnison à Auxonne. A Decize, il exerçait l'emploi de scieur de long pendant ses permissions. (Le Journal de la Nièvre, 26 et 27 juillet).

                La Cour d'Assises de la Nièvre condamne Alfred François Rabinaut, 24 ans, à vingt ans de travaux forcés. (Le Journal de la Nièvre, 15 novembre 1904).

 

Cf. Pierre Volut,

Decize et son canton au XIXe siècle et à la Belle Epoque, p. 277.

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