L'ECOLE NOTRE-DAME DES MINIMES

 

            LA FONDATION

 

            Les Frères Maristes.

            Marcellin Champagnat est né en 1789 au hameau de Rosey, commune de Marlhes, aux confins de la Loire, de la Haute-Loire et de l'Ardèche, au pied du Mont Pilat. Issu d'une famille de dix enfants, il est éduqué au petit séminaire de Verrière, près de Montbrison. Il passe ensuite trois ans au grand séminaire de Lyon, où il a comme condisciple Jean-Marie Vianney, le futur curé d'Ars.

            Il adhère à la Société de Marie, fondée par le Père Jean-Claude Colin en 1816, selon un engagement commun pris à Fourvière.

            Dans sa première paroisse rurale, La Valla, l'abbé Marcellin Champagnat constate l'ignorance des enfants. Le 2 janvier 1817, il crée une première communauté, avec le double objectif de former des maîtres et de scolariser les enfants des campagnes. Avec ses premiers frères maristes, il construit le siège de la nouvelle institution, Notre-Dame-de-l'Hermitage, près de Saint-Chamond. "Promoteur de l'éducation populaire, Marcellin Champagnat prône une pédagogie alliant douceur et fermeté, et manifeste d'incontestables talents de formateur, soucieux d'obtenir de bons éducateurs et de bons catéchistes [1]."

            Marcellin Champagnat meurt le 6 juin 1840. Il laisse alors 280 frères, 48 écoles et plus de 7000 élèves. En 1851, l'Institut des Petits Frères de Marie, reconnu par l'Etat et fortement appuyé par le ministre de l'Instruction et des Cultes Crouseilhes, compte 856 frères, 150 écoles et plus de 21000 élèves.

            En 1990, il y avait 1567 frères maristes dans le monde, qui dirigeaient 240 maisons d'éducation [2]

            Le pape Jean-Paul II a canonisé Marcellin Champagnat.

 

            Les démarches de l'abbé Deplaye.

            En 1852, l'abbé Henry Deplaye, archiprêtre de Decize, décide de créer une école privée de garçons. Il est encouragé par Mgr Dufêtre, évêque de Nevers. Celui-ci, d'origine lyonnaise, et ancien condisciple de Marcellin Champagnat, lui conseille de faire appel à des frères maristes.

            Le 8 février 1852, l'abbé Deplaye adresse une demande au frère François, supérieur des frères maristes. Le 15 juillet suivant, un contrat est signé à Decize entre le curé et le frère Louis-Marie, assistant général. Trois frères doivent venir enseigner à Decize, dont l'un muni d'un brevet ; ils suivront les méthodes d'enseignement et les règles en usage dans leur congrégation. Le curé de Decize s'engage à fournir une maison suffisamment spacieuse, comportant un réfectoire, un parloir, un dortoir, un oratoire, une ou deux chambres, une cour, un jardin et deux salles bien aérées. Il versera une prime de mille francs aux frères, une somme de 1500 francs pour l'achat du mobilier et un traitement annuel de 1500 francs ; quelques faux frais seront à sa charge. En contrepartie, il percevra les frais de scolarité des enfants et les subventions municipales versées aux élèves indigents.

 

            Les premières années.

            Les trois premiers frères arrivent à Decize en septembre 1853. Ils s'établissent dans une maison louée par l'abbé Deplaye, près de sa propre demeure (dans l’actuelle rue Carnot). C'est l'ancien couvent des Soeurs de la Charité de Nevers.

            Le 23 octobre a lieu la première rentrée. Le directeur est le frère Gervais (Claude François Berthould). Il est assisté par les frères Hermain et Ismaël. La nouvelle école compte 30 élèves.

            Dès l'année suivante, le curé Deplaye réclame au frère supérieur un quatrième frère et l'autorisation d'ouverture d'un pensionnat. Son principal argument est le suivant : la gestion de l'école pourrait s'améliorer grandement avec l'apport des frais de pensions de quelques enfants ; d'autre part, plusieurs familles résidant dans des hameaux ou des villages voisins souhaiteraient scolariser leurs enfants chez les frères.

            La rentrée d'octobre 1854 apporte d'importants changements dans les écoles de Decize. L'instituteur public, M. Perret, est nommé au secrétariat du recteur, à Nevers. A sa place, la municipalité de Decize hésite entre deux options : salarier un autre instituteur public ou céder l'école communale aux frères maristes. L'abbé Deplaye fait pression sur les membres du conseil municipal pour que les frères l'emportent, mais il n'obtient pas satisfaction. La municipalité ne tranche pas et décide de partager la subvention entre les deux écoles. L'école communale, reprise par M. Carré, recevra 300 F et les frères recevront la même somme. Le Préfet annule cette mesure, prise en contradiction avec la loi du 15 mars 1850, et c'est l'instituteur laïque qui est choisi.

            Alors commence, pour l'abbé Deplaye, une lutte très âpre contre la concurrence. L'école communale a une centaine d'élèves dont 15 pensionnaires, un instituteur suppléant est nommé. Une troisième école a été ouverte à Decize par M. Berthier, qui a, lui aussi, des pensionnaires.

 

            Installation au couvent des Minimes

                                                            et constitution de la Société de Notre-Dame des Minimes.

            Les frères comptent 56 élèves à la rentrée d'octobre 1855. L'école a déménagé dans des locaux plus vastes, l'ancien couvent des Minimes, que le curé Deplaye loue 650 francs. Les charges semblent trop importantes et l'abbé Deplaye réclame à nouveau l'ouverture d'un pensionnat. Il reçoit l'aide du maire, Jean-Baptiste Gros, et de plusieurs donateurs.

            En octobre 1856, le conseil municipal de Decize désavoue M. Carré. La responsabilité de l'école communale lui est retirée. La dépense annuelle de 600 francs paraît trop chère aux édiles qui acceptent de prêter les salles de classe (une partie de l'ancien couvent Sainte-Claire) à un instituteur libre, M. Berthier. Celui-ci dispose d'un pensionnat privé qui lui assure un salaire suffisant.

 

            A l’école des frères, un nouveau directeur arrive en 1856. Le frère Jean-Marie Rival, né en 1825, pourvu d'un brevet de capacité, a été précédemment instituteur libre dans le département de la Loire, puis instituteur communal en Saône-et-Loire. Il présente à l'inspection académique un plan détaillé de l'école [cf. document] et il demande l'autorisation de joindre à cette école un pensionnat. Les bâtiments sont assez vastes pour accueillir 30 pensionnaires.

 

          Avec le directeur, trois autres frères sont alors à Decize : Julien Corgé, né en 1832, Pierre Carlet, né en 1827, et Joseph Moronnoz, né en 1835. [3]

         

          En 1860, le frère Brunon (Jean Vernet) prend la direction de l'école des frères. Né le 6 avril 1822 à Lajarasse (Rhône), le frère Brunon a été instituteur public à Nantua pendant plus de dix ans. Le  pensionnat est enfin ouvert. De 95 élèves, on passe assez rapidement à 140.

 

 

            La Société de N.D. des Minimes est alors fondée par l'abbé Deplaye et plusieurs riches propriétaires de Decize et des environs (Anne Jeanne Joséphine Merlat, veuve du comte du Prat et châtelaine de Germancy ; Guillaume Emile Boigues, châtelain de Brain et propriétaire terrien ; Jean-Baptiste Schaerff, directeur des Mines de La Machine et de la Verrerie de Saint-Léger ; Pierre Marie Edmond, comte de Damas d'Anlezy, agissant en son nom et comme mandataire du prince de Chalais, du baron de Damas d'Anlezy, du comte et du vicomte d'Oillamsom, du comte de Certaine, du duc de Blacas d'Aulps, du baron Benoist d'Azy et du comte de Bourbon-Chalus). Le 23 octobre 1860, par-devant maître Gabriel Breton, la société est constituée et son règlement enregistré. Un capital social de 30000 francs est prévu, divisé en 60 actions de 500 francs chacune. Les 32 premières actions sont réparties entre les membres fondateurs. Les autres actions sont proposées aux paroissiens de Decize. L'article deux précise que cette société a pour objet l'acquisition et la conservation de l'ancien couvent, son affectation à une fondation religieuse, et surtout à l'établissement d'une école primaire dirigée par une congrégation religieuse. La durée d'existence de la société est fixée à quatre-vingts ans, et elle peut être prolongée sur un vote majoritaire de l'assemblée des associés ; la dissolution est prévue si la société se trouve dans l'impossibilité de maintenir l'institution religieuse qui est son but [4].

 

            Le 23 octobre suivant, la Société de Notre-Dame des Minimes achète l'ensemble des bâtiments de l'ancien couvent à son propriétaire, le chef de bataillon (futur général) Louis Joseph Adolphe Charles Constance Hanoteau, pour la somme de 15000 francs. L'abbé Deplaye avance 5000 francs, la comtesse du Prat 10000 francs. Un nouveau contrat a été passé entre l'abbé Deplaye, mandataire de la Société, et le frère Brunon, au nom de la communauté des frères maristes.

 

            A l'occasion de la mutation du frère Jean-Pierre Carlet, nommé à Halluin (Nord), Jean-Charles Decray, maire de Decize, avoue à l'Inspecteur d'Académie qu'il connaît mal les frères maristes : "L'administration municipale a peu de rapports avec les frères maristes, qui tiennent une école libre à Decize, à l'exception du directeur qui est même le seul ayant le titre et la qualité d'instituteur. Les autres frères ne sont désignés que sous le nom qu'ils portent en religion, leur nom patronymique est à peu près inconnu et ne figure que sur les listes électorales et les recensements. Il y a en outre parmi eux de fréquentes mutations [5]."

 

            En 1865, le frère Brunon cède sa fonction au frère Théogène (Jean Brunet) ; celui-ci est né le 3 avril 1835 à Saint-Georges d'Espéranche (Isère), il a enseigné à Digoin, à Montchanin et à Souvigny (Allier). Il expose de façon très concise son programme d'enseignement aux autorités municipales et académiques : "Le cours d'étude comprend l'enseignement de la religion, de la langue française et de l'arithmétique." Ses adjoints sont le frère Onuphre (Jacques Labrosse, né en 1822 à Chauffailles) et le frère Floscule (Jean-Marie Melin, né en 1834 à Rive-de-Gier).

            En 1868 arrive un nouveau directeur, le frère Anicet (Jean-Paulin Gonnard). En 1871 lui succède le frère Gabdelas (Léger-Marie Danière) qui va diriger l'école jusqu'à son décès, en 1903. L'école a 195 élèves en 1875 (107 payants et 88 gratuits) ; les effectifs dépassent 200 élèves dont 64 pensionnaires en 1876. Il y a alors six frères. Le directeur propose de transformer l'école privée en école publique, puisque la municipalité désire rétablir une école publique dans le centre-ville. Cette demande est refusée par le rectorat, qui préfère régulariser la situation du pensionnat Niaudet, financé en grande partie par la commune depuis près de vingt ans [6].

            L'année scolaire 1887-1888, l'école atteint son développement maximum : 232 élèves, dont 60 pensionnaires, 65 externes  payants et 72 élèves gratuits.

 

            LA PEDAGOGIE

 

            Se faire connaître.

            A partir de cette époque, l'Ecole Notre-Dame des Minimes se trouve placée dans une nouvelle situation de concurrence. Le pensionnat Niaudet est promu école communale. Avec l'appui de maires républicains (J.-B. Tissier, François Virlogeux, Antoine Pautté), cette école obtient enfin des locaux modernes - que les municipalités conservatrices précédentes lui avaient refusés. Promue école primaire supérieure (en deux, puis trois ans), l'école communale gagne des élèves (enfants de commerçants et de fonctionnaires) assurés de pouvoir préparer à Decize les concours des Postes, de l'Ecole Normale, des Arts-et-Métiers, des Ponts-et-Chaussées, ou d'obtenir des bourses pour le lycée de Nevers.

            Pour continuer son expansion, l'école des frères maristes mise sur deux atouts : le pensionnat, qui attire des enfants des communes rurales (petite bourgeoisie, agriculteurs aisés) et la formation professionnelle. Des ateliers sommaires sont installés dans les sous-sols. On y prépare quelques élèves à l’école catholique des Arts-et-Métiers.

 

            Avis de juin 1871.

            "Pour rendre toute liberté aux pères et mères de famille, pour ne pas voir s'éloigner de leur maison les enfants dont ils ont commencé l'éducation, et auxquels ils ont donné toute leur affection, les Frères de Decize sont résolus à s'imposer les plus lourds sacrifices. Ils continueront à donner, comme par le passé, l'instruction gratuite aux enfants nécessiteux qui l'y reçoivent déjà, et à tous ceux dont les parents leur en feront la demande sur des motifs valables.

            L'établissement se trouve dans les meilleures conditions au point de vue de l'hygiène, de l'instruction et à tous autres égards. Des moyens d'études complètes sont assurés aux élèves se destinant au commerce, à l'industrie, aux écoles d'arts et métiers et d'agriculture, au brevet de capacité pour l'enseignement."

 

 

            Prospectus.

            "Le but qu'on s'est proposé en fondant cet établissement, c'est de donner aux enfants une forte éducation, afin d'en faire tout à la fois de bons chrétiens et de vertueux citoyens, en les rendant capables de suivre honorablement la carrière à laquelle ils sont destinés. On s'efforce non-seulement de donner à tous les élèves les connaissances utiles et agréables qui leur conviennent, mais on s'applique surtout à les porter à des habitudes d'ordre et de propreté, de travail et d'économie, de politesse et de bonne tenue, à leur inspirer l'amour et la pratique de la religion, en leur montrant qu'il y a une liaison intime entre la science et la religion, qu'elles sont faites l'une pour l'autre et se prêtent un mutuel appui. Faire rayonner la foi chrétienne sur toutes les branches de l'enseignement, c'est là le mobile générateur de notre pension, sa pensée culminante, son but fondamental."

 

 

            Une pédagogie spécifique : texte du frère Gabdelas (1888).

            Le 8 août 1888, dans une lettre adressée aux membres de la Société qui gère l'école, le frère Gabdelas développe ses grandes préoccupations pédagogiques : l'école des Minimes prépare quelques bons élèves au concours de l'Ecole Catholique des Arts et Métiers ; la plupart des enfants reçoivent une formation qui les prépare essentiellement à reprendre les emplois de leurs pères ; enfin, les valeurs morales chrétiennes guident toute formation. 

            "Parmi les élèves qui ont suivi nos classes cette année, quatre ont remporté des succès qu'il est bon de noter : l'un a obtenu à la session de juillet le brevet de capacité pour l'enseignement primaire ; les trois autres, dans un examen subi à Nevers, ont été reconnus admissibles au concours pour l'école des Arts et Métiers.

            Mais ce qui est préférable aux succès scientifiques et plus conforme au but de votre oeuvre, Messieurs, c'est le bon esprit de nos élèves, c'est la docilité avec laquelle ils ont correspondu aux leçons, aux efforts de leurs maîtres tendant à leur inspirer l'amour de la religion, du travail, de l'ordre, de la discipline, le respect de l'autorité, l'obéissance, l'esprit de sacrifice, enfin toutes les grandes et saintes choses à défaut desquelles la Société ne saurait subsister.

            Tout en tenant compte des besoins et des aspirations modernes au point de vue de la science, nous nous appliquons à remplir notre mission de manière à faire avant tout de nos élèves des chrétiens et des hommes utiles. Loin de les pousser vers des carrières trop souvent pleines de déceptions et de dangers, et de les exposer ainsi à grossir le nombre des déclassés, nous nous efforçons de leur inspirer de l'estime et de l'affection pour la condition de leurs parents, pour la vie des champs, pour toute profession où, tout en trouvant une honnête aisance, ils puissent conserver la force et la santé du corps, la noblesse et la dignité de l'âme, et jouir de la vraie liberté."

           

            1903 : LE PREMIER DEPART DES FRERES [7]

 

            La guérilla entre les calotins et les bouffeurs de curés.

            Depuis déjà plusieurs années, des affrontements périodiques opposaient à Decize conservateurs et républicains, cléricaux et anticléricaux à tous propos : la décoration de l'église, le presbytère, l'école maternelle, l'accès au clocher. Les journaux relayaient des polémiques aussi virulentes qu'insignifiantes. Voici quelques exemples de cette guérilla, dont l'année 1903 est fertile.

            Au début du mois de mai, "on a glissé de nuit dans les maisons des feuilles pornographiques imposant aux femmes, aux enfants, des lectures obscènes, sous prétexte de faire la guerre aux curés" [8]. Il s'agit de tracts annonçant une conférence sur Les Crimes de l'Eglise, prononcée par M. Combémorel, et présidée par le sénateur Petitjean. Un correspondant du journal conservateur s'est glissé dans la salle où il a vu "de drôles de paroissiens, Grand Dieu ! Des mines peu rassurantes, des barbes hirsutes, des figures chafouines, des têtes que l'on ne voudrait pas rencontrer au coin d'un bois. Egarés dans tout cela, fine fleur du ramassis, plusieurs instituteurs, et même des représentants du beau sexe, sans doute pour ne pas répudier tout à fait les manières galantes" [9]. Un peu plus tard, un groupe de Decizois porte plainte contre l'auteur du prospectus Les Salisseurs et les Fouille-Ménage qui précédait cette conférence. Le citoyen Victor Charbonnel, 42 ans, prêtre défroqué, directeur de L'Action et des éditions de La Raison, est condamné pour attentat aux bonnes moeurs à mille francs d'amende et à trois mille francs de dommages et intérêts [10]. Les plaignants se sont appuyés sur les témoignages du docteur Gros, maire de Decize, et de M. Argence [11].

            Dans le journal concurrent, La Tribune Républicaine, on se mobilise contre les frères des Minimes, dont les jours sont comptés. Le directeur de l'école, le frère Gabdelas, décède en février [12]. A son enterrement, les cordons sont tenus par le docteur Gros, le comte de Dreux-Brézé, le notaire Quillier et le serrurier Bérard, les chefs de la réaction [sic]. Au cours de son sermon, le curé Lemoine lance une souscription parmi les paroissiens, afin d'offrir une belle tombe au religieux. La réplique du républicain Sallé ne se fait pas attendre ; lors d'une conférence sur le Concordat, il dit : "Le frère Gabdelas avait une famille : la congrégation, plus riche que tous les banquiers et bourgeois de Decize." Les enterrements sont des occasions d'affrontements. Lors de l'enterrement religieux de Mme Veuve Martin, plusieurs personnes présentes refusent de se lever et d'aller à l'offerte. Cela provoque "la fureur du prêtre qui les voue aux flammes éternelles et veut les mettre à la porte"  [13].

            Les écoles sont alors des enjeux politiques. Sur le plan local, une sourde guerre oppose les protecteurs des deux types d'enseignement : à droite, le tout-puissant comte Etienne de Dreux-Brézé, relayé par le docteur Gros (maire de Decize) ; à gauche l'omniprésent docteur Petitjean, sénateur, conseiller municipal d'opposition, conseiller général et délégué départemental aux écoles, et encore plus à gauche le socialiste Gabriel Bonnin.

 

            En mai 1903, les frères quittent Decize et La Machine.

            Le 19 mai, "le sacrifice est consommé" selon le rédacteur du Journal de la Nièvre. Ce matin-là, les rues de Decize sont envahies par une foule de curieux, sympathisants ou indifférents. Dans la cour de l'école des Frères Maristes, le chanoine Lemoine prononce une allocution d'adieu aux religieux. Puis, escortés par 300 à 400 personnes tristes et silencieuses [14], les frères se rendent à la gare. Un incident oppose les manifestants au chef de gare. Ce dernier refuse de voir envahir ses quais et, faisant prévaloir la sécurité, il ne délivre des billets de quai qu'à une dizaine de personnes. Quand le train démarre, un cri unanime retentit : "Vivent les frères !" La seule attitude hostile a été celle d'un maître de l'école laïque qui, au passage du cortège devant sa classe, a fait entonner à ses élèves La Marseillaise  [15].

            Bien sûr, le ton est tout autre dans le journal républicain. Pendant les premiers mois de l'année, le leitmotiv des anticléricaux est : "Nous demandons le départ des frères et l'installation de la lumière électrique..." Le samedi précédant leur départ, La Tribune Républicaine titre "ILS PARTIRONT !" ; le samedi suivant : "Bon débarras !" Un correspondant local, qui signe ses articles Le Vieux Saint-Privé, réclame le rachat de l'ancien couvent des Minimes et sa destruction : "Actuellement ces vieilles constructions délabrées dominent Decize de leur vétusté. C'est l'éteignoir écrasant de toute sa laideur notre belle ville . [...] Aujourd'hui, je dis aux gens de Decize : une belle construction dominant la ville ne serait-elle pas mieux ? Elle serait surmontée d'une statue de la liberté éclairant le monde... [16]"

            Deux jours après les frères de Decize, ceux de La Machine partent aussi pour l'exil. Le Directeur des Mines les a assurés de son soutien. Un cortège imposant les accompagne jusqu'à l'embarcadère de la mine. Ils sont acclamés par les ouvrières du triage. Ils montent dans des wagons à houille qui les déposent à La Copine. Les Decizois les escortent jusqu'à la gare. A nouveau, le chef de gare, ferme ses quais et n'admet que onze personnes (des ingénieurs des mines et des conseillers municipaux de La Machine). "On recule jusqu'à ces républiques barbares qui frappaient d'ostracisme les meilleurs citoyens" conclut l'organe conservateur [17].

 

            Pourquoi en est-on arrivé à ces déchirements ?

            Le Concordat de 1801 n'avait pas réglé tous les rapports entre l'Eglise catholique et l'Etat français, puisque le pape Pie VII avait refusé plusieurs articles. La question des communautés religieuses n'était pas très claire. Plusieurs congrégations avaient été fondées dans le courant du siècle et n'avaient aucune autorisation officielle ; de plus, elles avaient ouvert des établissements et succursales dans des locaux qui leur étaient prêtés, loués, cédés selon des procédures très variées.

            A Decize, l'ancien couvent des Minimes a été acquis par une association de souscripteurs ; le prix - exagérément sous-évalué selon certains opposants de l'époque - avait été réglé au moyen de prêts sans intérêts offerts par la comtesse du Prat ; cette opération financière complexe fournira des arguments aux anticléricaux. De leur côté, les religieuses de La Charité de Nevers avaient établi un hôpital et une école des filles dans l'enceinte de l'ancien château, un terrain et des bâtiments qui appartenaient à M. de Raigecourt, et qu'il avait cédés à la commune, sous certaines clauses, puis repris. L'hôpital ayant une utilité évidente et indispensable, il était difficile de demander le départ des soeurs. Cependant, les soeurs devront fermer l'école dès l'année 1904.

            La loi du premier juillet 1901 sur les associations oblige les congrégations à se soumettre à un contrôle administratif et financier de la part de la puissance publique. Il leur faut avant tout être autorisées. La municipalité de Decize donne un avis favorable pour l'autorisation des deux congrégations qui résident sur le territoire de la commune. Les Frères de Marie recueillent 16 voix favorables contre 3 ; les Soeurs de la Charité 15 contre 4, mais ce jour-là (15 décembre 1901), trois redoutables anticléricaux sont absents : le sénateur Petitjean, l'ancien maire Pautté et M. Bassot. Une pétition aurait été signée par 750 chefs de famille (sur 1280 électeurs) [18].

            Cependant ces avis n'ont qu'une valeur très relative. Pour être autorisées, les congrégations doivent en faire la demande au ministre de l'Intérieur. Or, après un an de tergiversations, après avoir reçu des ordres du Vatican ou de leurs chefs hiérarchiques établis à l'étranger, plus de la moitié des congrégations d'hommes ont refusé de demander l'autorisation ; elles sont devenues ipso facto illégales. Dès le début de l'année 1903, elles ont été mises en demeure de se disperser, ou de s'exiler, et leurs biens ont été menacés de séquestre. La Congrégation des Soeurs de la Charité de Nevers, autorisée et strictement réduite à une gestion hospitalière, n'a pas été menacée. Celle des Maristes était condamnée, à partir d'un jugement prononcé par le tribunal de Lyon le 2 avril [19].

            Le curé Lemoine conclut : "Cette année 1903 devait être une année de joie ! C'était le jubilé cinquantenaire de nos frères maristes, installés à Decize en 1853. On devait fêter ce demi-siècle d'admirable dévouement, si les événements n'avaient pas étendu comme un voile de tristesse sur nos maisons religieuses" [20].

 

            Que sont-ils devenus ?

            Au début du mois d'août, Le Journal de la Nièvre publie la lettre de Pierre Balme, en religion frère Rombaud, qui avait enseigné pendant 35 ans à l'école des Minimes. Il est alors en Italie. D'autres religieux se sont établis en Syrie et au Liban : Emile Vérot (frère Emile-Gabriel) est à Jounieh, près de Beyrouth [21].

            Un mois après le départ des frères, un liquidateur est nommé : maître Anglès. Son représentant, maître Magnand se présente le 21 juin aux Minimes et le 5 juillet à l'école de La Machine, accompagné du juge de paix et du greffier, afin de procéder à un inventaire. Dans les deux cas, il ne peut entrer. A Decize, le curé Lemoine et maître Béchard lui opposent un refus. A La Machine, c'est à nouveau maître Béchard, au nom de MM. Schneider. L'affaire est portée en justice.

 

            La contre-attaque s'organise. La puissante Société Schneider est intouchable. Elle possède les locaux de l'école des frères de La Machine, qui pourra fonctionner avec des maîtres civils. A Decize, le liquidateur constate que la Société Civile propriétaire des bâtiments des Minimes constituée autour de l'abbé Deplaye en 1860 n'a plus d'existence légale depuis la disparition de ses responsables. Ce à quoi le comte de Dreux-Brézé proteste qu'il a en mains des titres incontestables de propriété, légués par Mme du Prat. Il intente un procès contre maître Anglès auprès du tribunal civil de Lyon. Et il se propose de reprendre personnellement les Minimes [22]. Le premier octobre, les écoliers reviennent : leur nouveau directeur est un ancien frère redevenu laïc, M. Eugène Montagne.

 

 

            De 1903 à 1967.

 

            Les directeurs après 1903 :

- M. Eugène MONTAGNE (Frère Marie-Victoric, 1850-1923). Il est aidé par MM. Pédard, Guérin et Desplaces.

- 1909 : M. JOUBERT (Frère Antidius). Les enseignants sont MM. Marcel Morineau et Dubien. M. Bourganelle est surveillant. 

            Pendant cette période, l'école propose une préparation aux concours de l'Institut Catholique des Arts et Métiers (un atelier dit du Petit Creusot est installé au sous-sol de l'école) ; l'école compte 74 pensionnaires. Les professeurs sont MM. Chambouvet, Dubien et Debrois.

            Dès le début de la Première Guerre Mondiale, une partie de l'école est transformée en hôpital militaire (géré par la section decizoise de la Croix-Rouge). Les 23 premiers blessés arrivent le 22 août 1914. Plusieurs centaines de soldats séjournent, à tour de rôle, dans cet hôpital ; quelques-uns y meurent. La grande salle (ancienne église) accueille plusieurs galas de soutien aux oeuvres hospitalières ; les élèves internes sont logés chez des particuliers et au château de Germancy.

- 1920 : M. MORINEAU (Frère Henri-Daniel).       

            A partir de 1927, Léon Menand assure un enseignement du solfège et de musique instrumentale facultatif.

- 1929 : M. FABRE (Frère Marie-Florence) [23].

            Un ancien élève, le commandant Jean Hanoteau, obtient le classement des bâtiments à l'inventaire des monuments historiques. Des travaux d'embellissement des salles de classes sont réalisés, les réfectoires sont repeints...

- 1938 : M. François ROCHE (Frère Valéry), il meurt en 1939 sous les drapeaux.

- 1939 : M. Prosper AIME (Frère Viator). Les professeurs sont MM. Henri-Marie Journot [24], Demurger et Lacroix.

- 1941 : M. LACROIX (Frère Ecclésius).

- 1942 : M. JACQUAT (Frère Louis-Valéry).

            Les frères reprennent leur soutane et leur rabat.

 

            Une plaque commémorative des morts de la deuxième guerre mondiale porte les noms de : François Roche (directeur), Abbé Gabriel Rouard, Lucien Cantat, René Cherrier, Camille Lambert, Jacques Lechevin, Charles Perriot, Jean Valette et Pierre Valette. A ces noms s'ajoutent les morts dans les conflits coloniaux : René Rapiat et Antoine Varmier, Etienne Mariller et Pierre Barreaux. Cette plaque s'ajoute à celle qui rappelle les morts de la première guerre mondiale [25].

- 1949 : Frère Gonzague-Joseph.

-           M. Marcel JAUNAY (Frère Damascène).

            En 1952, l'école compte 120 élèves, dont une quarantaine de gratuits, 24 pensionnaires et 10 à 12 demi-pensionnaires. Elle a cinq classes primaires et une classe primaire supérieure (préparation du C.E.P. et projet d'extension jusqu'au B.E.P.C.).

- 1960 : M. Maxime DELALANDE (Frère Paul-Béatrix, né en 1926).

            M. Stanislas-Constant ARANDEL (Frère Constant, né en 1901).

- 1961 : M. Jean-Thomas BEDIN (Frère Rémi).

 

            Les dernières années scolaires.

            En 1959, le directeur signale à sa hiérarchie (Supplément à l'historique) [26] :

"Nous sommes restés deux mois de la présente année avec un personnel réduit, d'où surcharge de travail excessif. Actuellement neuf frères et une demoiselle : fonctionnement assez régulier. Trois confrères qui ont 78 ans et plus. Un malade. Manque de recrutement. Désaffection des familles pour notre état."

            L'école compte 145 élèves. 10 candidats ont été présentés au Certificat d'Etudes Primaires : sept ont été reçus. Les cinq élèves qui se sont présentés individuellement ont échoué.

            L'établissement s'oriente vers la poursuite d'études secondaires jusqu'au brevet ; une classe de 5e a été ouverte avec 15 élèves.

            L'immeuble est vétuste, inconfortable. Une partie de la toiture a été refaite par le propriétaire, l'évêché de Nevers. Un vaste atelier de menuiserie pourrait reprendre vie par la création d'une école technique, d'autant plus que la population ouvrière de Decize va augmenter (avec l’extension de l'usine Kléber-Colombes). Encore faudrait-il avoir un personnel adapté.

 

            L'année suivante, l'effectif est stable. Les résultats au Certificat d'Etudes Primaires sont décevants : huit reçus sur dix-huit candidats présentés.

            Le frère Paul-Beatrix Delalande est nommé directeur, en remplacement du frère Damascène Jaunay. Le frère Stanislas-Constant Arandel est nommé adjoint. Le frère Victor-Aimé Capellas remplace le frère Marco Alessio. Le frère Désiré-Pierre Clivet quitte Decize.

            Quelques travaux d'aménagement sont entrepris : peinture, électricité.

 

            En 1961, le frère Jean-Thomas Bedin devient directeur titulaire ; il dépose au Rectorat de l'Académie une demande de Contrat Simple, prévu par la nouvelle loi d'orientation scolaire. L'effectif est de 148 élèves. Le directeur indique qu'une "campagne sournoise contre les écoles chrétiennes de la ville de Decize" a fait perdre 50 élèves à l'école des soeurs.

            Les 12 candidats présentés au C.E.P. ont réussi.

            Des travaux ont été prévus : réfection de deux classes, lavabos dans toutes les chambres, éclairage au néon du réfectoire...

 

            La gestion laïque et la fermeture.

            Les Frères Maristes quittent définitivement Decize en 1963. La direction diocésaine de l'évêché de Nevers, propriétaire des locaux depuis le décès du comte de Dreux-Brézé, maintient quelques années l'école Notre-Dame des Minimes avec un personnel laïque : MM. Caporal et Guth se succèdent à la direction. L'effectif des élèves décroît. Les locaux ne correspondent plus aux besoins d'une école moderne. Un regroupement pédagogique avec l'école Sainte-Marie est souhaité par la direction diocésaine de l'enseignement catholique.

            La ville de Decize, qui a besoin de locaux pour les associations sportives et culturelles, propose d'acheter les Minimes à l'évêché.

 

            Quelques anciens élèves et leurs souvenirs.

            Le commandant Jean Hanoteau, était un officier du Génie, mais sa vocation véritable était l'histoire. Né à Decize le 17 décembre 1869, il a fait ses études d'abord à l'école des Minimes, puis il est entré à Saint-Cyr en 1892 et il en est sorti deux ans plus tard dans la promotion Siam. Lieutenant au 39e R.I., il a été promu capitaine en 1906. Attaché à la section historique du Ministère de la Guerre, puis au Ministère des Affaires Etrangères (dans le cabinet de Gabriel Hanoteaux, son cousin), il a rédigé plusieurs ouvrages historiques [27]. En 1914, rappelé à l'activité, il a été employé au Grand Quartier Général, auprès du général Boelle, et sous les ordres du maréchal Pétain ; en 1919, Georges Clémenceau l'a appelé à son cabinet. Jean Hanoteau a pris sa retraite à Decize, où il est mort le 24 décembre 1939. Il a étudié l'histoire de sa ville natale et il a contribué à faire classer plusieurs monuments - dont les Minimes - à l'inventaire des Monuments Historiques. Jean Hanoteau a été maire de la commune de Neuville-lès-Decize.

            Le général Vailland (ancien de 1910 à 1914), en poste dans le Sahara au début de la guerre d'Algérie,

            M. Auguste Blondon (ingénieur décédé en mai 1999),

            Pierre Barraux est né le 23 février 1903 dans le Jura. Ordonné prêtre en juin 1930, il est parti missionnaire en Corée dès le mois de septembre de la même année. Responsable d'un district de la province de Tchyoung-Tchyeng Nord, il y a vécu jusqu'en 1946. En 1938, Mgr Laribeau, évêque de Corée, a béni à Sye-San l'église et le presbytère bâtis par le Père Barraux. Le missionnaire français a eu à subir la terrible guerre sino-coréenne et la seconde guerre mondiale. Il est mort le 13 janvier 1946 à Sye-San, victime d'une épidémie de typhus [28].

            Klaus Borchardt et Rainer Thiebe, fils d'ingénieurs allemands travaillant à la SNECMA, ont été scolarisés aux Minimes jusqu'en 1951. Le premier octobre 1954, Klaus Borchardt écrit qu'il habite Paris depuis mars et qu'il a été reçu au baccalauréat (première partie). Il s'apprête à partir continuer ses études à Berlin. Rainer Thiebe écrit le 31 décembre 1954 qu'il a lui aussi réussi la première partie du bac avec la mention bien et qu'il a été assez malade. En juillet 1955, il a été reçu à la seconde partie [29].

 

 

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[1]  Article de Jean-Claude Delaygues, Centre-France, avril 1998.

[2]  Cf. Quid 1994.

[3]  Archives Départementales de la Nièvre, cote T 508.

[4]  Cette clause provoquera des interprétations contradictoires en 1904.

[5]  Lettre datée du 25 septembre 1861.

[6]  L'instituteur François-Auguste Niaudet est un pédagogue de grande réputation ; il a rédigé plusieurs manuels et il a sucédé à Antoine Berthier, conseiller de l'Inspecteur d'Académie.

[7]  Cf. Pierre Volut, Decize et son canton au XIXe s. et à la Belle Epoque, p. 255-257.

[8] Le Journal de la Nièvre, 5 mai 1903.

[9] Ibidem, 10 mai 1903.

[10]  Victor Charbonnel a pu inspirer au romancier machinois Jules Pravieux le personnage du curé défroqué Ragut (Un Vieux Célibataire, Paris, Plon, 1901). Lui aussi, il prononce des conférences contre la religion. Mais le romancier lui oppose un champion d'une autre envergure, l'abbé Blondot.

[11]  Le Journal de la Nièvre, 24 juillet 1903.

[12]  Léger-Marie Danière, en religion frère Gabdelas, est mort le 20 février 1903, âgé de 68 ans. "Il fut aimé et regretté de tous", est-il écrit sur sa dalle funéraire. Dans la même tombe ont été enterrés Georges Sennepin ou frère Auxibe, décédé en 1926 dans sa soixante-dix-huitième année, Claude Marlet ou frère Nicostrate, décédé en 1951 dans sa soixante-quatorzième année, et Auguste Giboudeau ou frère Louis-Claudius, décédé en 1956 dans sa soixante-neuvième année. 

[13]  La Tribune Républicaine, 15 et 22 février et 1er mars1903.

[14]  Selon Le Journal de la Nièvre du 20 mai. Un autre article daté de la veille, écrit sous le coup de l'émotion, décrit une foule d'environ mille personnes. La Tribune Républicaine ne chiffre pas le nombre des accompagnateurs.

[15]  Le Journal de la Nièvre, mardi 19 et mercredi 20 mai 1903.

[16]  La Tribune Républicaine, 12 et 24 mars 1903.

[17]  Le Journal de la Nièvre, 20 et 21 mai 1903 ; Le Nivernais, 17 et 24 mai 1903.

[18]  Le Nivernais, 15 mai 1902.

[19]  Ce jugement a été d'abord prononcé contre la Congrégation des Pères de la Société de Marie, dont le siège était à Lyon, puis, par extension, contre la branche autonome des Frères de Marie, dont le siège était (est toujours) à Saint-Genis-Laval.

[20]  Le Nivernais, 8 mars 1903.

[21]  Cf. Notice biographique sur le Frère Emile-Gabriel, né Emile Vérot, 1867-1927, Varennes-sur-Allier, Imprimerie Roy, 1928.

[22]  a Tribune Républicaine, 3 novembre 1903.

[23]  Né à Arphy (Gard) le 20 mars 1879, Arthur Benjamin Fabre est entré au noviciat de Saint-Paul-Trois-Châteaux le 26 septembre 1893, profession perpétuelle prononcée le 16 septembre 1906, enseignant au Mayet-de-Montagne en 1926, puis à Chagny de 1926 à 1929, ensuite à Decize, et retour à Saint-Paul-Trois-Châteaux en août 1938. Il était titulaire d'un brevet élémentaire. Ce frère était musicien (fiche communiquée par le frère Louis Hochet, directeur de l'école de Varennes-sur-Allier).

[24]  Notice biographique dans la brochure du Centenaire, p. 20.

[25]  Ces plaques ont été détruites lors des travaux de restauration après l'incendie de 1979.

[26]  Ces bilans succincts donnent toutes les informations sur les élèves, les enseignants, les résultats, l'état des locaux et les événements de l'année.

[27]  Parmi les travaux de Jean Hanoteau, on relève de nombreux articles pour La Revue des Deux Mondes et le Bulletin de la Société Nivernaise, la collaboration à l'Histoire de la Nation Française de Gabriel Hanotaux, le classement des archives de la famille impériale, l'édition critique des Lettres du Prince Metternich à la Comtesse de Clèves (1909), des tomes II et III du Recueil des instructions données aux ambassadeurs et ministres de France depuis les traités de Westphalie jusqu'à la Révolution Française (1911-1913), des Mémoires de la Reine Hortense (1927), des Lettres personnelles des souverains à l'empereur Napoléon Ier (1939), deux livres sur la famille de Beauharnais (1935-1936) et Le Guide de Decize (1936).

[28]  Brochure ronéotée Le Centenaire, 1955, p.37.

[29]  Ibidem, p. 38-39.