LES MINIMES DEPUIS 1979

 

LA RESTAURATION DES BATIMENTS

 

            La ville de Decize s'était rendue acquéreur de l'ancien couvent en 1975. Les bâtiments étaient en mauvais état et plusieurs années d'inutilisation n'ont fait qu'amplifier leur dégradation.        

            L'incendie de novembre 1979 précipite les travaux de restauration et il permet de rendre à l'ancienne église, au cloître et à la cour un aspect plus proche de leurs fonctions premières.

            Le 3 mars 1981, le conseil municipal de Decize décide de reconstruire la partie sinistrée des Minimes. Sous le contrôle de M. Collette, architecte départemental des Monuments Historiques, les travaux se déroulent de 1980 à 1984. La charpente et la toiture de l'église sont rétablies, les murs sont grattés et recrépis, des pierres sont taillées et placées à la place d'éléments trop friables ou incomplets, de nombreux ajouts parasites sont enlevés.

 

            Que faire de l'ancien couvent ? Plusieurs options se présentent alors. Certains Decizois souhaitent y établir un centre culturel, un musée, des salles de réunion pour les nombreuses associations. Le choix de la municipalité est différent : dans les locaux habitables, il y aura une maison de retraite et l'ancienne église restaurée est réservée aux expositions artistiques et aux concerts [1].

 

            Quant au cinéma, il doit être installé dans un autre lieu. Une société d’Aubière (près de Clermont-Ferrand) est intéressée par la gestion d’une ou deux salles à Decize. Des locaux neufs sont construits dans le quartier des Halles, sur un emplacement rendu vacant à la suite du déménagement des ateliers municipaux. En attendant, le public decizois se contente de quelques séances données par la Maison de la Culture de Nevers, dans la Salle des Fêtes ; malgré une programmation de qualité, les spectateurs sont malheureusement très rares...

 

            LA MAISON DE RETRAITE [2]

 

           Le 17 décembre 1984, la vente des Minimes à l'Office des H.L.M. s'est décidée pour le franc symbolique. Une première convention a été signée le 15 février 1985 avec le C.E.F.R.A.S., organisme chargé de gérer la résidence. Le 8 décembre 1986, le Président du Conseil Général de la Nièvre a signé l'arrêté de création du Foyer-Logement.

            Et le conseil municipal de Decize accorda sa garantie pour un emprunt de 16 292 000 francs. La ville de Decize s'est portée garante de la convention qui stipulait que si le C.E.F.R.A.S. avait un retard de plus de six mois de loyers, l'Office des H.L.M. le mettrait en demeure de régler ses dettes dans un délai d'un mois. Une seconde garantie de la ville a été accordée pour des emprunts ultérieurs.

 

            Le C.E.F.R.A.S. a reçu les clés de la Maison de retraite le 10 juillet 1989. Or il s'est vite avéré que les prévisions de remplissage ne pourraient être réalisées : 90% des logements devaient être loués fin mai 1989, et seuls 35 sur 67 l'étaient, soit 50%.

            Les premiers exercices furent déficitaires et la ville s'est trouvée forcée de rembourser ces déficits qu'elle avait garantis.

 

            La gestion a donc été retirée au C.E.F.R.A.S. et une association locale a été créée. L'Association des Minimes a été constituée par un groupe de personnes physiques fondatrices (le maire et les adjoints en exercice en mai 1989), six personnes physiques (3 représentants de la commune de Decize, un représentant de la commune de Saint-Léger-des-Vignes, un représentant de Nièvre-Habitat et un représentant de la Fédération des OEuvres Laïques de la Nièvre) ; le directeur de la F.O.L.-58 et un représentant des familles de résidants sont membres de droit.

 

            Le personnel de la Résidences des Minimes est au nombre de cinq personnes. La gestion a été confiée par l'Association des Minimes à la F.O.L.-58. Le directeur est M. Jean-Noël Le Bras, l'économe M. Franck Brefort.

 

            La Résidences des Minimes est un centre agréé par l'Aide Sociale. 33 chambres ont été aménagées dans les bâtiments de l'ancien couvent et 5 dans un petit bâtiment qui donne sur la rue Marguerite-Monnot. Les 27 appartements construits rue Paul-Bert (dans l'ancien bâtiment de la gendarmerie), qui étaient en grande partie inoccupés, ont été cédés à partir du premier janvier 1998 au Centre d'Aide par le Travail pour le logement d'une partie de ses ouvriers.

 

            Un Service de Soins Infirmiers à Domicile a été par la suite installé dans les locaux situés au rez-de-chaussée des Minimes. Une infirmière, six aides-soignantes et une secrétaire y sont à la disposition de 32 personnes, en ville, dans les environs de Decize ou à l'intérieur de la Résidence.

 

            En décembre 2004, la Maison de Retraite ferme. Les bâtiments appartiennent alors à Nièvre-Habitat, qui en cède l’usage à l’Hôpital Spécialisé de La Charité. Un centre de soins psychiatriques doit s’installer dans l’ancien couvent. Seule la salle Olga-Olby (propriété communale) reste ouverte aux Decizois.

 

            LA SALLE OLGA-OLBY

 

            Le samedi 19 mars 1988, la Salle Olga-Olby est inaugurée par Mme Janine Sattonnet, maire de Decize et Mme Simone Rignault, député de la circonscription.

            Le Cercle Artistique de Decize présente pour la première fois son exposition de printemps dans la Salle Olga-Olby.

 

            Olga Olby.

  

Tableau peint par Olga Olby

          Olga Hrschanovskaia est née le 14 avril 1900 à Kichinev (dans la province russe de Bessarabie, actuellement Chisinau, capitale de la République de Moldavie). Ses parents sont venus de Pologne. En 1919, elle entre à l'Académie des Beaux-Arts de Kichinev. Elle étudie ensuite à Bucarest, à Berlin, puis elle s'installe à Paris. Elle prend le pseudonyme d'Olga Olby.

            En 1924 elle acquiert la nationalité française. Elle épouse le docteur Yves Dommartin et s'établit dans le Nivernais. Plusieurs de ses toiles sont exposées dans les galeries parisiennes.

            Olga Olby décore l'église de Saint-Léger-des-Vignes (1950-1953). Elle expose régulièrement dans les grands salons internationaux. En 1973, elle s'installe en Bretagne. Elle décède en 1990.  Ses oeuvres ont été léguées en partie à la ville de Decize [3]

 

            Depuis mars 1988, la Salle Olga-Olby a régulièrement été utilisée deux fois par an pour les expositions du Cercle Artistique. Les visiteurs ont pu y admirer les oeuvres des artistes locaux et celles des invités suivants (entre autres) :

- Aquarelles de Jean-William Hanoteau, B. Follis, C. Picard et J.-C. Lecomte, à l'occasion du centenaire de la naissance de Maurice Genevoix (du 10 novembre au 2 décembre 1990) ;

- "Mouvement", Jean-Pierre Stora et les peintres du Cercle Artistique de Decize (du 26 septembre au 12 octobre 1991) ;

- Le Corroller (du 19 mai au 5 juin 1994) ;

- Sculptures de Christian Della Giustina, Michel Lévy, Joël Dasvin et Anne Trégloze (du 9 avril au 1er mai 1995) ;

- Philippe Libois (du 1er au 15 juin 1997) ;

- Brigitte Pérol-Schneider (du 16 au 31 mai 1998) ;

- Geneviève Zylberman (du 3 au 18 octobre 1998) ;

- Jacqueline Léger (du 21 mai au 6 juin 1999) ;

- Françoise Selezneff, Josiane Benzi et la Confrérie Saint-Nicolas des Flotteurs de Bois de Clamecy en octobre 2000.

 

Buste par Lydia Luzanowski.

 

            D'autres expositions et manifestations ont été installées dans ce cadre prestigieux, par exemple :

- Decize en 1989, en juin 1989, présentation d'un Projet Educatif réalisé par des élèves du Lycée Professionnel de Decize,

- Premier Jour du Timbre commémorant Maurice Genevoix, en octobre 1990,

- Premier Jour du Timbre commémorant Louis-Antoine Saint-Just, en 1991,

- Mer et Loire, en juin 1996,

- Exposition des Anciens Combattants, au printemps 2000,

- Exposition de la Croix-Rouge, en juin 2000...

            Et, pendant quelques années, les Marchés de Noël.

 

            Renouant avec l'époque du Cercle Saint-Aré, des pièces de théâtre ont été jouées dans la Salle Olga-Olby :

- Le Bourgeois Gentilhomme, en juillet 1999,

- deux pièces de Jules Renard... etc...

 

            Plusieurs concerts ont été donnés dans la Salle Olga-Olby, par la chorale A Choeur Joie, par l'Harmonie Municipale, par l'ensemble de musique ancienne Antiqua Musica, par des jeunes musiciens decizois.

            La Salle Olga-Olby est ouverte au public lors de la traditionnelle Journée du Patrimoine et à l'occasion de visites guidées de la ville.

 

 

La Volupté, de Charpentier,

prêt du Musée du Louvre.

 

            Quel avenir ?

            Le 31 décembre 2004, le foyer-logement a fermé ses portes, presque quinze ans jour pour jour après sa création [4]. Les onze derniers pensionnaires ont été orientés vers d’autres résidences ; quatre ont été admis aux Sables Roses (maison de retraite dépendant de l’hôpital de Decize).

            Les locaux, appartenant à Nièvre-Habitat ont été loués à l’hôpital spécialisé de La Charité sur Loire, avec la perspective d’ouvrir un service de jour. Depuis, les bâtiments sont fermés et l’herbe pousse dans la cour…

            A la fin de l’été 2006, malgré plusieurs demandes des autorités locales, de l’Office du Tourisme et des guides touristiques, ce monument historique est interdit à la visite.

 

            Il faut souhaiter que l’ancien couvent recevra bientôt une nouvelle affectation et sera à nouveau ouvert aux visiteurs… au moins pour la Journée du Patrimoine et pour les visites guidées…

 

            Pierre Volut, le 6 septembre 2006.

 

RETOUR



[1]  Séance du conseil municipal du 19 mars 1984.

[2]  Informations transmises par M. Jean-Noël Le Bras.

[3]  Ce don est accepté lors de la séance du conseil municipal du 2 mars 1982. Des sculptures de l’artiste Lydia Luzanowsky font partie de ce legs.

[4] Le Journal du Centre, décembre 2004.